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dimanche 21 août 2016

Le Père Fouettard



« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »

- René Char - (Fureur et mystère)

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Ne nous y trompons pas, ce 15 août, l'interdiction au dernier moment de la « Grande Manif de l'année » contre le Marineland d'Antibes est à interpréter très clairement comme un signal bien râpeux ressemblant à s'y méprendre à un coup de botte tactique dans le fondement.

Un bottage de cul que devront se rappeler toutes celles et ceux à qui on a intégré l’idée très dangereuse pour la démocratie que la liberté ne doit s'exprimer exclusivement que là ou c'est permis… c’est à dire sur rendez-vous, entre des flics bardés de Kevlar (pour notre sécurité), armés de tasers « non létaux » (!), Tonfa et gazeuse chatouilleuse dans l’étui prêtes à dégaîner au moindre dépassement de la ligne jaune de la chaussée ou des consensus bien mous.

Ce jour là, les militants auraient dû être nombreux à converger de partout pour protester contre le concept archaïque du Parc Marin… ceci expliquant sans doute cela.

La Manifestation pourtant si gentillette et familiale n’était déjà autorisée que du bout des lèvres et au mode conditionnel, et il s'agissait de collaborer encore et encore et travailler à ne pas dépasser les limites de l’auto-censure pour que les maîtres du jeu soient reconnaissants et continuent d’autoriser la récré… enfin, peut-être.

Et vlan ! On a vu ce qu'il en était, le Préfet a interdit le happening pourtant toujours bon enfant.

Marineland peut donc continuer d'innover dans sa ligne de vulgarité institutionnelle « pédagogique » au service de ses « Nouvelles Soirées Nocturnes ».
- Mais pourquoi « Nouvelles » au fait ?…
- « Pour rien coco, c'est du marketing basique.
La formule - Vu à la télé -… ça marcherait tout aussi bien pour les fractions de cerveaux disponibles laissées vacantes malgré la plage, le Foot, le Tour de France, les Jeux Olympiques, et accessoirement… quelques attentats » -.



Les orques bossent donc de nuit au Marineland… pour instruire le badaud et lui vendre la même salade en solde de la vraie vie en toc des cétacés incarcérés à perpétuité sous anti-dépresseurs.

On comprendra que ces feignasses de baleines sont donc des poissons diurnes ET nocturnes comme leur feront gober les autodidactes maison de la biologie-marine-pour-les-nuls, à moins que ces orques ne bénéficient elles-aussi et sans le savoir des bienfaits de la Loi Travail passée en douce pendant cet été si tragiquement plombé.
Le temps c'est de l'argent et pas de petites économies, il n'est pas question de laisser l’investissement se reposer…

La fête à Neu-Neu bat donc son plein la nuit au Marineland, quand bien même si la foule cette année panique et tremble plus que de raison au moindre pétard…

Le Préfet des Alpes-Maritimes a interdit la manif anti-Marineland.
Le même a autorisé la réouverture d'un Parc aux permis de construire incertains ou inexistants, alors même que les drames du 3 octobre ont démontré que son implantation à la légalité douteuse se situe à l'épicentre d'une zone inondable à très grand risque attendant la prochaine et inéluctable catastrophe…

Le principe de précaution est élastique et la sécurité étant un concept à géomètrie très variable, les campings situés à une centaine de mètres sont restés fermés par décision administrative.

Au secours !!!!

Confrontés à ce grand « n’importe quoi », c'est peut-être le moment de reconsidérer les méthodes de persuasion…
Cessons d’avoir peur de descendre du trottoir, cessons d’obéir, un peu de créativité et de culot ne menant pas systématiquement au bagne ou aux galères pourtant promises par le Père Fouettard…

ATTENTION !
le visionnage subversif de la vidéo ci-dessous pourrait choquer les personnes trop sensibles
à la liberté joyeuse d’exprimer les désaccords.



On lira ICI et avec un vif intérêt : 
 1- Rémi a rencontré quelques ennuis en tournant ses vidéos, mais pas avec la justice. 
A ce jour, il n'a pas de casier et n'a pas pris d'amende. Il a fait deux gardes à vue...
02- Le plus souvent, c'est avec les services d'ordre que ça se passe mal, mais heureusement il arrive que ça se passe bien.
03- Rémi a déjà pris des « tartes » dans sa gueule, mais comme il court vite il s'en sort souvent.

dimanche 17 avril 2016

Marineland et l'uchronie* Nice-Matin


*Uchronie :
nom féminin (du grec ou, non, et khronos, temps)
Reconstruction fictive de l'histoire, relatant les faits tels qu'ils auraient pu se produire.


Utopie réaliste ?
Aujourd'hui, il est grand temps que la ligne éditoriale de Nice-Matin se remette en question concernant sa manière d'aborder l'analyse de la réalité objective de l'intolérable vie carcérale des cétacés et des ours polaires dans le Parc Marin azuréen, comme plus généralement sur l'exploitation commerciale de la faune sauvage exotique qui y est faite.

Depuis des années, on assiste à la reprise systématique quasi in-extenso des arguments de vente du Service de Presse de Marineland dans les colonnes du quotidien régional.
S’y ajoutent les placards publi-rédactionnels purs et simples et autres pages entières de publicité, quand ce n’est pas de la désinformation sponsorisée sur l'Internet.

Le choix des mots 

« Quand les Anti-Marineland harcèlent Castorama »

titre le journal le 15 avril pour signaler l'arrêt d'une opération de co-branding Castorama / Marineland annulée par Castorama en 48 heures.
Définition :
Harceler : Soumettre quelqu'un à des demandes, des critiques, des réclamations continuelles
Compte tenu des déclarations de l'enseigne rapportés par ce même journal dans le même article :
« Soudainement, nous avons reçu un tas d’alertes sur la maltraitance des animaux.
Alors nous avons retiré les affiches qui étaient en place depuis quelques jours »
…le titre de Nice-Matin aurait pu (du ?) être :

« Quand les Anti-Marineland informent Castorama »

ou encore, (idéalisons le rédacteur !) 

« Quand les Anti-Marineland alertent Castorama »

Aujourd'hui 17 avril, le score de la manifestation s'élèverait - toujours selon le quotidien régional - à 70 manifestants.
Un chiffre très nettement sous-évalué et que je fixerais pour ma part autour de 200 personnes contre les 104 modestement annoncés par les organisateurs.


Les rédacteurs de la PQR ne tempèrent légèrement leurs enthousiasmes pour Marineland que depuis le déchaînement de l’opinion et de la presse (inter)nationale contre les parc marins.
Mais c'est manifestement très douloureux.
Une tonalité rédactionnelle systématique qui par ailleurs n’a pu que rendre sans cesse plus criant le conflit d'intérêt jouant au détriment d'une véritable information du public.

Il est choquant que Nice-Matin ne soit qu'une simple caricature de propagande comme la parution du 18 mars 2016 clamant en première page  « La renaissance » du Parc.


Un choix de manchette tout sauf innocent et dont la définition indiquée par le Larousse est la suivante : 

« Mouvement de rénovation culturelle et artistique » 

… sans rire ?
et les pages suivantes sont à l'avenant.


Un point de non retour a été atteint le 28 mars, dans l’article « le meilleur du pire » du rubricard Lionel Paoli au ton scandaleusement léger et méprisant à l'encontre de l'ensemble comme de chacun(e) des opposant(e)s à cette industrie du spectacle de nature archaïque.

Ce papier condescendant et truffé de sous-entendus nauséabonds ne pouvait rester sans réponse.
Celle-ci a été formulée vertement sur Stop-Marineland au grand mécontentement de son auteur, surpris de devoir assumer publiquement ses propos approximatifs diffusés pourtant à environ 300 000 exemplaires.
Manipulation Marineland a largement développé en détail et avec une précision chirurgicale le dérapage du journaliste.

vendredi 18 mars 2016

La petite FAQ du militant


Article rédigé en collaboration avec Manipulation Marineland et Isabelle Van der Wende


Avec le développement d'Internet et des réseaux sociaux, l'information circule plus vite, et son accès est grandement facilité. Il est aussi beaucoup plus aisé de se tenir informé de l'avancée d'une cause, des opérations organisées (manifestations, happenings, rassemblements militants, crowd-funding, etc...) et d'y prendre part.
Les outils numériques encouragent l'individu à s'investir dans la défense d'une cause, en lui laissant plus de libertés, et en lui permettant d'agir à son niveau, avec ses atouts et ses préférences, ses contacts personnels, malgré ses limites (géographiques, physiques ou financières), à tout moment et où qu'il se trouve.
C'est un vrai atout pour l'avancement d’un combat, et pour l'accès de tous au militantisme.
Car le militantisme peut prendre plusieurs formes, toutes valables et complémentaires, et toutes nécessaires.

Cependant, si l'Information est beaucoup plus accessible et que la diffusion d'une nouvelle peut devenir très vite virale, la désinformation et les idées reçues se répandent tout aussi vite. Si tout le monde peut publier sur son blog personnel, son profil Facebook ou son compte Twitter, dans ce tourbillon d'informations de sources diverses, le lecteur oublie un peu trop souvent de vérifier la véracité des informations diffusées, avant de les diffuser lui-même.

Dans cet article, vous retrouverez quelques aspects légaux du militantisme sur lequel circulent beaucoup d'idées reçues, parfois ancrées depuis longtemps, alors que la législation, elle, évolue sans cesse.

  • Liberté d'expression et diffamation :

- Qu'est-ce que la liberté d'expression et quelles en sont ses limites ?

L’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 annonce : "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."
Dans l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, il est également dit que “ Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière.”
Une précision suit : “L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.”
Ainsi, les principales limites à la liberté d’expression en France sont la diffamation et l’injure, et les propos incitant à la haine (apologie de crimes contre l'humanité, propos antisémites, racistes ou homophobes).
Si la colère est compréhensible et parfois même légitime, elle n’excuse pas la tenue de discours haineux. Les publier sur un espace de diffusion public (que ce soit dans la rue, sur une affiche, un tract, un blog, ou sur les réseaux sociaux) est interdit par la loi et passible de poursuites judiciaires.
Un exemple croisé fréquemment sur les réseaux sociaux : souhaiter la mort dans d’atroces souffrances aux employés des delphinariums. Non seulement cela donne une très mauvaise image des opposants à la captivité des cétacés, les décrédibilisant, ainsi que les associations et collectifs sur les pages desquels apparaissent de tels commentaires, mais cela est puni par la loi. Il ne faut pas oublier que Facebook est un espace de diffusion public.

Dans le cas du militantisme de tout un chacun, c’est la question de la protection de la réputation et des droits d’autrui qui nous intéresse plus particulièrement. Dans le cas d’une entreprise, comme les delphinariums, qu’est-ce que la loi nous autorise à dire publiquement et à diffuser ?


- Qu'est ce que la diffamation ? Comment l'éviter ?

La survie d’une entreprise telle que les delphinariums étant entièrement basée sur la fréquentation du public et les entrées achetées, l’image que véhicule celle-ci est très importante. Elle l’est d’autant plus lorsque la justification éthique d’une telle entreprise est questionnée, ce qui est de plus en plus le cas, les médias et l’opinion publique tournant de plus en plus en défaveur des parcs. Le Marineland d’Antibes est particulièrement sous le feu des projecteurs depuis les inondations d’octobre 2015 et le scandale lié à des accusations de pollution de l’environnement à la suite de celles-ci.
Le parc antibois défend chèrement son image. Ainsi, en 2003, il intentait un procès à l’association de défense des cétacés Aarluk, qui avait diffusé les photos du transfert de l’orque Shouka, née au sein du parc, vers les USA. Le motif de la plainte concernait la diffusion non-autorisée des photos des orques du Marineland et du directeur de l’époque Mike Ridell. Marineland martelant sans cesse que les orques vivent en famille au sein du parc (pour se défendre des accusations de séparation de groupes par les transferts), il s’agissait avant tout de garder sous silence le transfert de Shouka, qui est une preuve flagrante du contraire.

En 2004, la cour a rendu son verdict : aucune faute n’a été retenue contre l’association, tant sur le droit à l’image que sur la diffamation.

En effet, la notion de “bonne foi” permet de se prémunir d’éventuelles accusations de diffamations. Cette notion est détaillée sur le site du gouvernement service-public.fr comme suit :
“La bonne foi suppose le cumul de quatre critères :
  • la prudence et la mesure dans l'expression, sans exagération ni affirmation péremptoire,
  • l'absence d'animosité personnelle contre le plaignant,
  • la présence d'un but légitime : informer sur un scandale sanitaire par exemple,
  • et le sérieux de l'enquête, distinct de la véracité des faits. Les accusations du prévenu, qu'il soit journaliste ou non, doivent avoir une base factuelle suffisante même s'il s'est trompé au final. Le prévenu doit prouver qu'il n'a pas lancé ces accusations au hasard ou menti délibérément.”

Ainsi, dans le cadre d’une cause légitime, et dans le cadre de l’utilité au débat public (but polémique ou critique), il y a peu de chances que l’opposant prenne le risque d’intenter des poursuites. Il n’y gagnerait qu’une mauvaise publicité (ce qu’il a tout intérêt à éviter) et des frais superflus, car les juges ne sanctionneront pas.
Dans le cas de l’affaire des photos du transfert de Shouka prises par Aarluk, le tribunal n’a même pas retenu les accusations d’atteinte de droit à l’image (pourtant légitimes, concernant les humains du moins) de Mike Ridell.

 Cependant, lors de la rédaction d’un article, tract ou communiqué sur les réseaux sociaux, il convient d’observer des règles de prudence élémentaire comme l’emploi du conditionnel, de la forme interrogative et de sources nombreuses et fiables (Wikipedia étant une encyclopédie libre et participative, on ne peut la considérer comme telle).


  • Utilisation d'une marque ou d'un logo :    

- Ai-je le droit d'utiliser le nom d'une entreprise pour créer des visuels militants contre celle-ci ?

La réponse est oui, car il ne s’agit pas d’une utilisation de la marque dans un but commercial (pas de concurrence, ni de « contrefaçon » au sens couramment utilisé du terme).
« Pour les juges, le débat public ou politique, par opposition au discours commercial, ne saurait être limité par le droit des marques. »
Le 22 février 1995, le Tribunal de grande instance de Paris avait jugé que « l'usage [d'une marque] dans un but d'information ne constitue pas une contrefaçon.  »

- Puis-je utiliser un logo déposé pour créer des visuels, des logos, des t-shirts  dans un but militant ?

Là encore, la réponse est oui.
L’usage des logos est assimilé au droit des marques. L’usage d’un logo détourné n’est pas considéré comme une contrefaçon, dès lors qu’il intervient dans un but légitime d’intérêt général, et hors de la sphère commerciale.


  • Le cas des réseaux sociaux :    

- Que dit la loi au sujet d'Internet (Facebook, Twitter, blogs et sites internet) ?

La législation encadrant la liberté d’expression s’applique également sur Internet.
Cette législation est récente, notamment parce que la plupart des réseaux sociaux appartiennent à des sociétés américaines et que la liberté d’expression est plus large aux USA. Mais elle s’est particulièrement renforcée en France concernant les propos incitant à la haine (cités plus haut).
(source)

- Puis-je utiliser le nom d'une entreprise pour créer un site internet, une page ou un évènement sur Facebook, dans un but militant ?

Là encore, la réponse est oui, toujours en restant dans le cadre de l’intérêt public (but critique ou polémique).
Le cas des sites “jeboycottedanone.com” et “jeboycottedanone.net” a fait jurisprudence, les auteurs ayant remporté le procès intenté par Danone en appel.


  • Manifestation et happening :

- Quelles sont les conditions légales d'une organisation de manifestation ?

En France, manifester est un droit constitutionnel et fondamental, cependant toute manifestation doit faire l’objet d’un déclaration préalable, au moins 3 jours à l’avance (conditions de la déclaration ICI). Cette réglementation est destinée à prévenir de tous troubles à l’ordre public. Si la manifestation est finalement interdite, il est possible de saisir un juge administratif, agissant dans les 48h. « Ce dernier opère un contrôle très vigilant sur les autorités de police, en exigeant que toutes les mesures de restriction en matière de manifestation soient strictement proportionnées aux nécessités de l’ordre public. » (source)

Le tractage n’est pas soumis à autorisation. S’il n’est pas interdit, c’est qu’il est autorisé, y compris pour les professionnels. Cependant il existe tout de même quelques règles :
  • Interdiction de distribuer des tracts aux occupants de voitures en circulation
  • Interdictions les jours de scrutins
  • Mentions légales : nom et domicile de l’imprimeur, ainsi qu’une mention incitant à la collecte ou valorisation des déchets (le plus souvent « ne pas jeter sur la voie publique » mais on peut en utiliser d’autre)
  • Ramassage des tracts à terre : obligation de le faire dans un rayon de 30 mètres autour du lieu de tractage, ou le long de l’itinéraire lors de tractage mobile. Cette obligation concerne au moins Paris (ville soumise à une réglementation spécifique), il est cependant recommandé le faire en tous lieux, notamment par souci de propreté de l’espace public.



- Puis-je organiser un happening à titre personnel et dans quelles conditions ?

Certaines associations, notamment 269 Life, organisent régulièrement des happenings en petits groupes avec diffusion de films, mise en scènes choc dénonçant les conséquences pour les animaux de la consommation de viande, etc….

Il est intéressant d’évoquer un phénomène devenu viral il y a quelques années, celui des « Apéros Facebook ». Ces rassemblements, initiés par des anonymes sur internet, ont pris une ampleur qui a quelque peu dépassé les pouvoirs publics.
Lors de celui organisé à Nantes (qui a regroupé plus de 9 000 personnes) un jeune homme a trouvé la mort. Dans ce cas extrême et heureusement rare, le procureur a déclaré : « Il y a une responsabilité sociale et une responsabilité morale, pas de responsabilité pénale. Si on poursuivait le premier garçon qui, il y a quelques mois, a lancé l'idée sur Internet, pourquoi ne poursuivrait-on pas le second qui l'a encouragé ou encore le troisième qui a dit qu'il allait venir avec des amis à lui? »
A noter cependant qu’un tel rassemblement occasionnant des dégradations de l’espace public, notamment les détritus, la personne à l’origine de l’évènement peut être tenue de réparer les dégâts.

La principale entrave à l’organisation de tels événements est la notion de trouble à l’ordre public. Et là-dessus, la législation est assez floue.

Cependant, il est tout à fait possible légalement d’organiser soi-même, à titre individuel, un happening, dès lors qu’il ne devient pas un rassemblement (pour lequel une autorisation est en principe nécessaire). Vous pouvez tout à fait par exemple vous asseoir dans un espace public avec votre ordinateur portable pour y diffuser un film.
Ce faisant, vous vous exposez néanmoins à un autre risque juridique, celui concernant la propriété artistique et le téléchargement. Toutefois, de nombreux films militants sont mis par leurs auteurs à la disposition de ceux qui souhaitent les diffuser afin de porter le message.


En conclusion, le principe de liberté d’expression offre tout un panel de possibilité d’action à qui souhaite militer pour une cause, que ce soit via les réseaux sociaux, un blog ou un site, ou avec une pancarte lors de manifestations. Et dès lors que le but soutenu est légitime, d’intérêt public, critique ou polémique, on a tout à fait le droit d’user de détournement de logos, ou de citation de marques. Les seules limites sont les injures, les propos incitant à la haine… et bien entendu l’imagination !

Liens connexes 

Le SLAPP (baillonner la liberté d’expression par la menace de poursuites judicaires) :


Guide juridique du militant anti-nucléaire :

Guide du manifestant arrêté :

vendredi 17 juillet 2015

Interview exclusive de John Hargrove

Interview exclusive de John HARGROVE par Vegactu suite à la manifestation du 12 juillet.
A lire et à partager sans modération !!!

« Quelques secondes plus tard, nous nous rendons compte que quelqu’un nous observe de loin.
C’est Bernard Giampaolo, directeur du Marineland en personne.
John n’a pas souhaité aller lui parler, non.
Vous y seriez allé, vous ?
Difficile de croire qu’on raisonnera quelqu’un qui a bâti sa fortune sur la souffrance des animaux.
Le seul moyen de se faire entendre de lui, c’est par le porte-monnaie.
Un homme au cœur gros comme ça ne paiera pas des entraîneurs, des systèmes de filtration top-niveau, des tonnes de médicaments, de poissons morts et de gélatine, pour la beauté du geste, si les gradins sont vides.
Ne pas acheter de billet n’est cependant qu’un début : il faut surtout convaincre ceux qui pourraient en avoir envie de ne pas le faire non plus.

Sans Facebook, aurions-nous nous été aussi nombreux à cette manifestation ?
Sans Twitter, aurions-nous pu signaler son existence à autant de monde ?

Blackfish explique que la partie du cerveau qu’ont les cétacés en plus des humains leur sert à mettre leur conscience en réseau, à la partager avec les membres de leur groupe ».

Pour sauver les orques, faites donc comme elles !