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dimanche 21 mai 2017

Suite… et fin de Marineland ? ou l'abolition «progressive» de l'esclavage.



Bouteille à moitié vide ou pleine ?, telle était la question faisant débat dans les diverses communautés s'opposant à la captivité et à l'exploitation commerciale des cétacés dans les Parcs Marins quand le Ministère de l'environnement lançait sa consultation publique.
Rendre un peu plus supportables des conditions de vie atrophiées mais moralement inacceptables était l'objectif à atteindre pour les uns.
Pour les autres : le « moindre mal » étant toujours le Mal, ils considéraient que ce niveau de « mal » n'étant pas négociable, il fallait interdire sans concession ces lieux d'exploitation et d'asservissement d'êtres vivants.

La bombe a explosé le 3 mai : la reproduction des cétacés sera désormais interdite dans les Parcs Marins français.

Une sorte de Jugement de Salomon satisfaisant les uns comme les autres tout en donnant au troisième le temps de se réorganiser et au personnel de changer de métier.

On trouvera regroupés ici la lettre ouverte des soigneurs (dresseurs ?) du Marineland d’Antibes, la pétition immédiate dûment mise en place et la réponse de Sea Shepherd France.

On observera que la contre-pétition de C'est assez « explose » quant à elle avec dix fois plus de signatures à ce jour que la pauvre supplique du Marineland d'Antibes.

La foudroyante fronde anti-arrêté n'aurait pu en effet venir des actionnaires sous peine d’un fou-rire incoercible - même des moins renseignés - à l'évocation des prétentions éthiques de cette usine à fric bien assimilées et régurgitées par le personnel.

Les « gentils-soigneurs » visiblement un chouilla neuneus mais soucieux de conserver leur boulot sans se poser trop de questions qui fâchent sans risquer des courts circuits neuronaux se sont donc fait promptement instrumentaliser par leur direction afin de monter aux créneaux et produire cette « lettre ouverte» dégoulinante du pathos le plus larmoyant que peut engendrer la littérature de gare, osant même en appeler pathétiquement au sens de la famille.

Ils s’épanchent là sans pudeur, nous parlent essentiellement d’eux-mêmes et de leur sentimentalité de pacotille 100% anthropomorphique… pour s’insurger principalement (et comme par hasard) contre l’interdiction de la reproduction des animaux alors que, soyons clair, ni les dauphins, pas plus que les orques n’ont jamais demandé à vivre claustrés dans ces bassines où on les stimule, jusqu’à pratiquer la branlette des mâles sans doute pour qu’ils puissent - à les entendre - mieux s’épanouir…

C’est lamentable intellectuellement, et tout simplement indigne.

Mesdames, messieurs montreurs de baleines essentiellement au service des actionnaires dont vous êtes les employés, si vous ZAIMEZ les animaux plus que vous-même, c’est à dire au-delà de votre plaisir personnel égocentré, vous vous êtes trompés de job.

C’est moche et c’est difficile pour tout le monde de se remettre en question, soit… mais vous pourriez au moins tenter de demeurer dignes et nous laisser espérer que vous avez un peu de recul et de jugeote en continuant à vous taire…


Arrêté du 03 mai 2017, paru au Journal Officiel le 06 mai.

Arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés.
«La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l'être, sans ouvrir à de nouvelles naissances.»

Lettre ouverte des soigneurs de Marineland concernant l'arrêté du 03 mai 2017

Trois bassins, trente soigneurs, une équipe, et le même besoin de ne plus rester silencieux, parce que la vie nous importe.
Nous, les soigneurs de Marineland n'avons jusqu'à maintenant jamais réagi aux accusations de maltraitance envers les dauphins et les orques sous notre responsabilité, même si elles ont toujours été extrêmement blessantes.

En effet, elles le sont parce qu'elles sont fausses, parce que nous savons ce que nous apportons aux animaux.

Nous avions choisi de nous taire car elles ne sont pas proférées par des scientifiques ou des professionnels et pourtant l'impact sur l'opinion publique est énorme.

Si votre voisin est accusé de maltraitance envers sa famille, peu importe que les faits soient avérés ou pas, vous ne le regarderez plus jamais de la même façon.

Mais comment pouvez-vous penser une seconde que nous soyons capables de les maltraiter ?

Aujourd'hui nous devons réagir parce que nous ne sommes plus les seuls touchés, les conséquences vont directement impacter les animaux puisqu'il a été décidé par le ministre de l'environnement dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai d'interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité sans aucune concertation.

Cette décision est choquante car elle apparait dans un arrêté défendant le bien-être animal alors qu'elle le met en péril.

Sachez que nous avons choisi ce métier par amour des animaux.

Nous sommes des spécialistes expérimentés, formés, et passionnés.

Nous vivons avec les dauphins et les orques au quotidien. Ils nous donnent tout, nous leur devons tout.

L'expérience acquise au fil des années par les soigneurs présents chaque jour avec nos groupes d'animaux en les voyant évoluer, grandir, changer et se construire autour du groupe social nous permet de savoir ce qui est bon et bien pour eux.

Ces animaux avec lesquels nous partageons nos journées reçoivent des soins adaptés à leurs besoins :

Alimentation variée de qualité, stimulations intellectuelle et physique, enrichissement de leur environnement font partie des points primordiaux de chaque instant que nous passons à leur côté.

Notre unique objectif est de leur apporter toute l'attention nécessaire. Sachez donc que nous menons le mème combat. ce qui nous tient le plus à cœur est de protéger ces espèces et d'assurer leur bien être.

Oui nous faisons des séances interactives, oui nous donnons à chaque visiteur l'occasion d'aller au plus près de ces animaux, oui notre mission est de partager nos connaissances mais toujours et avant tout dans le respect et avec leur coopération, C'est grâce à la relation basée sur le respect et le partage que nous avons établie avec eux, que nous pouvons éduquer et sensibiliser chaque personne qui visite notre parc.

Des personnes de tout âge, des enfants, des assocIatIons soutenant des personnes atteintes de pathologie, des groupes scolaires, des familles, tous apprennent respecter le monde animal au contact des animaux.

Aucun livre, aucun reportage, si bien qu'il puisse être, ne saura remplacer cet instant. Parce qu'on est auprès de ces êtres vivants au quotidien, c'est une immense tristesse de ne pas envisager de futur pour ces ambassadeurs, « porte-parole » des océans, parce que les visiteurs nous ont montrés que mieux les connaître c'est mieux les protéger.


Enfin, cet arrêté présente de nombreuses incohérences. Vouloir améliorer les conditions de vie des animaux en captivité en interdisant la reproduction est un non-sens total. Comment peut-on parler de bien-être animal en les privant d'un des éléments indispensables à celui-ci ?

Nous aimons et respectons trop les animaux pour leur interdire le droit essentiel de se reproduire, essence même de la vie. Si la reproduction est interdite, c'est maintenant que commence la maltraitance.

Parce que la recherche nous a prouvé que ce sont des animaux très sociaux, la reproduction est la base de la survie du groupe, ainsi perpétuer l'espèce est un souci collectif.

Au-delà de la préservation de l'espèce, le respect des besoins physiologiques est une condition indispensable il leur bien-être, que nous nous devons d'assurer, comme le précise l'arrêté de Mars 2004, articles 10 et 17.

La privation de nourriture n'existe pas, la privation de vie sociale n'existe pas, la privation de reproduction ne doit pas exister si nous voulons continuer il respecter les animaux dans leur identité, ne nous demandez pas de les dénaturer.

Parce qu'aucun titre ne donne la légitimité d'enlever à Malou son instinct maternel, d'enlever à Rocky la chance de courtiser à nouveau les femelles, d'enlever à Dam la possibilité d'être père, et enfin d'enlever à Kai tout avenir.

Pour toutes ces raisons, nous, passionnés et amoureux des animaux, en notre âme et conscience, nous déplorons cette incohérente décision, et nous nous battrons parce qu'ils le méritent.

En tant que soigneurs qui aimons, respectons et soignons les animaux au quotidien nous souhaitons que la reproduction continue dans les parcs marins français pour le bien-être des dauphins et orques.

Afin que les générations futures puissent encore voir des êtres fantastiques dans les zoos, comme des millions de gens ont pu le faire jusqu'à maintenant. Et ainsi comprendre l'importance de protéger la nature et s'engager à la préservation des espèces en milieu sauvage.

Nous protégeons ce que nous aimons
Nous aimons que nous comprenons
Nous comprenons ce que nous connaissons
Nous connaissons ce qu'on nous a appris.

Les soigneurs de Marineland

Source

Réponse aux dresseurs du Marineland (Sea shepherd France)

L’arrêté du 3 mai 2017, en plus d’imposer quelques mesures visant à rendre un peu moins pénible la privation de liberté imposée aux cétacés, a réservé une surprise de taille aux delphinariums : la fin de la reproduction des individus captifs - assortie d’une interdiction d’importation - et donc à terme, la fin de la captivité en France.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe du côté des delphinariums, en particulier au Marineland d’Antibes. Et pour cause, elle sonne le glas, à moyen terme d’une industrie lucrative, particulièrement pour le fond de pension britannique Arle Capital Partners, principal actionnaire de Parques Reunidos, multinationale aujourd’hui propriétaire du Marineland, qui affichait en 2014 un résultat net de 5,5 millions d’euros.

Dans une lettre ouverte en réaction au passage de l’arrêté les dresseurs du Marineland s’insurgent contre les accusations de maltraitance qui ne s’appuient selon eux, sur rien de scientifique.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques attestent d’une évidence qui n’est plus contestée que par les delphinariums eux mêmes : les dauphins nés ou vivant en captivité mènent une existence bien plus courte et plus morose que leurs congénères libres, bien en deçà de leurs besoins physiologiques, de leur organisation sociale complexe et de leurs aptitudes émotionnelles extraordinaires qui par bien des aspects, dépassent celles des humains.
En plus de les renseigner sur leur environnement, leur sonar agit comme un décodeur des émotions qui leur donne accès à un monde sensoriel que nous n’imaginons même pas.

Dans leur lettre, les dresseurs jurent leur amour des dauphins mais le caractère cruel et douloureux de la captivité n’a pas grand chose à voir avec le sentiment d’attachement réel que peuvent éprouver les dresseurs pour les dauphins captifs. Les dresseurs - pour la plupart - aiment certainement les dauphins. Les dresseurs repentis de cette industrie comme John Hargrove, ancien dresseur à Sea World et Marineland, apportent à ce sujet un témoignage éclairant et parlent d’un aveuglement, d’une forme de naïveté profonde qui les a conduits malgré tout l’amour qu’ils portaient aux dauphins, à se rendre complices de leur calvaire.

Mais si nous ne doutons pas de l’amour des dresseurs pour les dauphins, ils restent dans un rapport de domination et d’exploitation d’animaux qui n’ont pas choisi d’être là et dont les conditions de vie en bassins interdisent à leurs besoins et aptitudes naturels les plus élémentaires de s’exprimer, à savoir utiliser leur sonar pour appréhender le vaste monde qui les entoure, chasser en groupe, sonder jusqu’à 100 mètres de profondeur, parcourir une centaine de kilomètres par jour, surfer sur les vagues, choisir leurs partenaires parfois pour la vie...

Etrangement, de toutes ces privations, la seule qui semble insupportable aux yeux des dresseurs est celle là même qui perpétue leur triste destin, génération après génération : la reproduction. Souvent obtenue par insémination artificielle, et/ou imposée à des dauphins qui ne se sont pas choisis ou encore par rapport incestueux. Combien de morts nés ? (l’orque Freya à Antibes a eu au moins 4 mort-nés). Combien d’infanticides ? (le jeune Aicko à Planète Sauvage ou encore la petite Aloa au Parc Astérix) Combien de petits arrachés à leur mère et de séparations, comme la dauphine Femke qui se laisse actuellement mourir de chagrin au parc Astérix depuis qu’on lui a enlevé son fils Ekinox, transféré dans un autre delphinarium ?

Les dresseurs d’Antibes prétendent que grâce aux delphinariums, les visiteurs apprennent à respecter le monde animal. Mais il n’y a pas de respect dans la contrainte et dans la privation de liberté. Le message transmis par les delphinariums est qu’il est acceptable d’enfermer dans des bassins minuscules des animaux physiologiquement taillés pour parcourir le vaste océan. Des travaux récents démontrent une évidence déjà induite par le bon sens, à savoir que les spectacles d’animaux captifs amènent les enfants à chosifier ces derniers et ne leur permet pas de développer rapport respectueux et empathique au monde vivant.

Dans cette relation du dresseur à l’animal, même parée des meilleurs sentiments, il n’ y a pas de respect. L’animal reste soumis à la domination humaine.

Vous, dresseurs du Marineland, qui "vivez avec les dauphins et les orques au quotidien", vous ne partagez pas leur prison. Chaque jour, c’est de votre plein gré que vous entrez dans le bassin et chaque soir, contrairement aux dauphins, c’est en toute liberté que vous en sortez et rentrez chez vous, retrouver ceux que vous aimez, ceux que vous avez choisi. Vous qui savez à quel point la psychologie et les aptitudes émotionnelles des dauphins sont proches des nôtres, vous qui de toute évidence les aimez, ne pouvez vous pas faire preuve de davantage d’empathie ? Echangeriez vous votre place avec la leur ? Si la réponse est non, alors au lieu de nous combattre, aidez nous à leur donner les clés d’une nouvelle vie.

Une vie où leurs instincts, leurs comportements physiologiques, leurs capacités cognitives et affectives extraordinaires seront libres de s’exprimer à nouveau. Des dauphins captifs ont déjà retrouvé la liberté, c’est possible. Pour monter de nouveaux programmes de réhabilitation de ces orques et dauphins à la vie sauvage, toutes les bonnes énergies seront nécessaires, la vôtre y aurait tout son sens. Comme vous le dites dans votre lettre, vous leur devez tout. Alors vous leur devez bien ça.

Que cette génération de dauphins captifs soit la dernière mais qu’elle ne soit pas pour autant une génération sacrifiée.

Nous protégeons ce que nous aimons.
Nous aimons ce que nous comprenons.
L’amour ne connaît pas de prison.

Source
Note :
Chronique de 10 jours de stage au Marineland d'Antibes (en 2014) d'un humain doté d'un cerveau :
J'ai vu les coulisses de Marineland

jeudi 6 avril 2017

Mobilisation citoyenne contre la captivité des cétacés


La Consultation Publique sur le projet d'arrêté « fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements détenant ou présentant au public des spécimens vivants de cétacés » a généré un raz de marée significatif de réactions d'oppositions.

On peut les lire ICI et je n'ai pas encore trouvé dans ce flot de réactions du public une contribution favorable au projet de texte (mais je dois reconnaître que je ne suis pas parvenu au bout de la totalité de ce «pavé» représentant un volume de… 645 pages A4 en corps 10 !).

Le verre à moitié vide ou à moitié plein.

Les associations sont divisées sur ce projet, certaines y voyant l'aménagement souhaitable du « moindre mal », et qu'entre deux maux, il faudrait choisir le moindre, rendant les conditions de captivité des animaux un peu moins insupportables, d'autres s'y opposent totalement car il légitimerait pour des années le principe même de la captivité de ces animaux.


Le ministère de l’Écologie renonce donc pour l'instant à son projet d'arrêté afin de «refaire un tour de table avec les ONG pour obtenir un arrêté plus ambitieux» et la publication de l'arrêté qui définit les conditions de captivité des cétacés a donc été repoussée.
A suivre attentivement.

A la cruauté réglementaire,
il n'y a pas de négociation acceptable à opposer.


lundi 27 février 2017

L'acceptabilité sociale


Qu'est-ce que « l'acceptabilité sociale » ?

De mon temps on appelait ça « l'art de faire avaler des couleuvres ».
De la pratique d'un art, c'est devenu aujourd'hui une science très aboutie avec ses théoriciens, stratèges, experts en communication, marketing, gestion des risques, etc.
Pour mordre dans le concept, il me vient un exemple exemplaire n'ayant rien à voir avec le Barnum antibois dénommé Marineland, mais tout avec les couleuvres géantes comme à Montpellier…

Tout est dit ici quand il s'agissait de faire passer la gigantesque couleuvre du nucléaire civil dans ce rapport de l'OMS en 1958 :
Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accomoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poête anglais du XVIIIe siècle saurait « chevaucher l'ouragan et diriger les tempêtes » 
(Rapport techniques, 151, page 59, OMS, Genève, 1958)
La suite c'est Tchernobyl, Fukushima…vous avez  bien mordu le concept ?

Revenons à nos orques, dauphins et autres bestioles qui marinent dans le chlore.

Le gouvernement a lancé une CONSULTATION PUBLIQUE du 07/02/2017 au 01/03/2017 concernant les nouvelles modalités de détention des cétacés à qui l'on est bien incapable de demander ce qu'ils pensent de leur condamnation à perpet dans ces bassines d'isolation sensorielle où ils végètent et crèvent prématurément.
La légitimité des Parcs Marins a du plomb dans l'aile, l'émission THALASSA qui a su faire accepter les caméras dans le Marineland, parvient d'ailleurs à le démontrer en faisant simplement appel à notre propre entendement, nous faisant subtilement appréhender l'effarante indignité de ces parcs.

L'affaire est sérieuse pour les actionnaires, il s'agit donc d'en fabriquer du consentement et de jouer la bonne musique avec quelques appuis.

Le gouvernement s'y colle donc avec un projet d'Arrêté promu par les experts de la juteuse filière.

SeaShepherd dans son décryptage démonte le texte de l'Arrêté d'une impeccable et implacable façon.
(Développement également ICI)

Je ne développerai pas plus ici, l'Organisation Internationale s'en chargeant fort bien.

Et voilà maintenant la délicieuse Consultation Publique sous l'égide de la Ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer dont l'insensibilité aux lobbies et la pertinence ne sont plus à démontrer. 

A cette heure 3668 commentaires sont persuadés de « participer » ça défoule et c'est fait pour ça.
Je n'ai pas vu un seul commentaire favorable aux Parcs (celui ou celle qui en trouvera un aura droit… à ma considération). 
Faisons les paris de savoir si ça va changer quoi que ce soit…

Dans son GUIDE DES BONNES PRATIQUES AFIN DE DE FAVORISER L'ACCEPTABILITE DES PROJETS (oui je sais… la page n'existe plus allez savoir pourquoi !) le Conseil du Patronat en environnement déclarait :
« la dichotomie entre la croissance nécessaire [sic] et le développement contesté se manifeste de plus en plus ».
puis…
« l’acceptabilité sociale émerge maintenant en tant qu’enjeu majeur du XXIe siècle car les promoteurs de projets, comme les gouvernements d’ailleurs, reconnaissent les répercussions qu’un problème d’acceptabilité sociale peut engendrer pour leur réputation, pour le succès des projets et le développement économique ».
Comme il ne peut hélas pas « supprimer » le peuple, l'Etat travaille sur « l'acceptabilité » pendant que le Marineland et les autres Montreurs d'animaux travaillent leur communication.

Avec cet Arrêté, la situation va empirer comme le démontre SeaShepherd.
Dans ces Consultations Publiques, nous n'avons aucun pouvoir.
C’est donc un acte de foi dans une institution qui aura le dernier mot sans aucune intention réelle de nous représenter, ni de veiller à l’intégrité de l’environnement naturel.
On a vu et l'on voit les mêmes manipulations concernant la question du loup en France.



« 2017, une nouvelle histoire commence », petit air pourtant déjà connu, que les « croyants » (aveugles et sourds comme il se doit pour tout croyants) imaginaient que c'était déjà inscrit dans les faits depuis plusieurs mois… foi de Jon Kershaw, croix de bois, croix de fer.
Les gentils soigneurs continueront à témoigner de l'amour qu'ils portent aux animaux alors que seul leur petit petit plaisir égocentrique sert à justifier leur boulot et leur bonne conscience.
Du logo, on supprime l'orque clownesque qui cabriole (c'est pourtant toujours bien lui l'esclave pourvoyeur de la machine à cash, mais ça fait mauvais genre en ce moment) on le remplace par un « signe » discret, neutre, évocation marine et quasi subliminale d'une raie (les gens s'en foutent des raies coco…)
 
L'« acceptabilité » ça se travaille au corps et patiemment dans les détails dans la gigantesque Fabrique du Consentement qui nous encercle.

samedi 1 octobre 2016

Toute honte bue…




Arrogance, indécence à l'état pur, sentiment d'impunité ou simple vulgarité ?

Dans tous les cas, à quelques jours de l'anniversaire du désastre du 3 octobre 2015, le signal est fort et ils l'ont osé, avec la trivialité blin-bling qui est la marque de fabrique du Marineland d'Antibes.

La semaine précédant la date de la catastrophe, Marineland « s'est payé » les grands écrans promotionnels du Mall central du désormais luxueux centre commercial CAP 3000 situé à Saint-Laurent du Var.

Une provocation s'adressant aux indéfectibles opposants dont les manifestations d'indignation sont désormais interdites par la préfecture, un bras d'honneur aux règlementations concernant les zones inondables à très grand risque appliquées de toute façon de manière si sélective…

Nous nous en souviendrons !
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dimanche 15 mai 2016

Alerte à Bijou Plage



Ce blog est une minuscule partie de la grande « Guerre de Civilisation » menée par une multitude de prises de consciences individuelles s’opposant à cette abjection décadente qu’est le Marineland d’Antibes.
Pas plus mais pas moins.
Il déborde rarement de cette ligne.

Mais le 14 mai, profitant à juste titre de l’appel d’air du Festival de Cannes, Sea Shepherd a tenu une conférence de presse sur ce thème à Bijou Plage, sur la Croisette.

Vu que ça concerne directement l’objet du blog, je m’autorise donc à commenter l’événement comme je le ressens.
Juste un ressenti, pas plus et pas moins…
je ne connais pas personnellement Paul Watson, pas davantage Pamela Anderson.

Ce que j’ai retenu ici, c‘est que cette femme fait le job, vaillamment sans le surjouer comme le souhaiteraient tant ses contempteurs.
On sent pourtant bien une déception en réponse à leur demandes avides : pas de décolleté vertigineux, pas de talons aiguilles affolant le mâle mais des chaussures plates, pas de comportement de starlette ni la moindre pose suggestive à damner le paparazzi en maraude.

Elle est sérieuse Pamela et patiente avec ça… si consciencieuse quand elle fait prendre connaissance du Tilikum Tank à la meute de journalistes hérissés de micros et sous les flashes des photographes.

Le Tilikum Tank

Moi, je la trouve attendrissante quand elle pourrait courir les cocktails chics à l’autre bout de la Croisette.
Sea Shepherd en a fait son ambassadrice et donc « elle optimise » - elle aussi - un process événementiel.
Mais il y a une ENORME différence avec cette référence au propos de l’ancien directeur de Marineland Bernard Giampaolo : si les orques du Marineland garantissent par leur exploitation jusqu’à la mort la fortune du Parc Marin dans ce cirque mortifère, Pamela elle, s’est portée volontaire, personne ne l’oblige à faire le show ni à sauter dans la fosse aux lions du grand bain.

Les mêmes qui la critiquent d’une bordée d’insinuations aussi sexistes qu’infectes quand ce ne sont pas des injures graveleuses ne se déplacent en fait - et essentiellement - que pour la distribution du rôle, là… dans la case où elle devrait se maintenir à jamais selon eux.

Le populo comme les intellos adorent ce qui permet de mieux la détester tels ces parlementaires méprisants et méprisables épinglés actuellement pour leurs comportements de machos primitifs.

Ils s'étaient tous pourtant précipités avec condescendance pour la rencontrer sous les Ors de la République, mais « malgré eux » hein !,  comme les voyeurs assistent à un accident.

Assise à droite de Pamela lors du repas de midi, il y avait l’immense Danseuse Etoile Sylvie Guillem,


devenue membre du staff Sea Shepherd et en face d’elle, le grand Jacques Perrin.



Personne ne les entourait, ne les photographiait, ni ne leur posait de questions pertinentes sur les raisons de leur engagement… on leur aurait plutôt presque demandé de se pousser, bousculé… pour LA photo qui compte vraiment.

Les journalistes avaient le choix… ils n'ont même pas vu la Danseuse sacrée Etoile à 19 ans, ni même identifiée.

Paul Watson ne s’y trompe plus depuis longtemps, il n’a probablement aucune illusion sur le genre humain et cette probable misanthropie ne semble pas le rendre plus heureux.

Merci Pamela de jouer le meilleur rôle de ta carrière.

Moi, dans mon rôle de mec, j’ai parfois honte.


mardi 29 mars 2016

Tous responsables



Il y a 15 ans, mais la date officielle reste incertaine,  Bruno Manser disparaissait dans les forêts du Sarawak.
Assassiné presque en silence… c'était avant l'Internet.

Voici ce que nous disait cet « Eco-Guerrier » précurseur :
« C’est à nous de connaître la répercussion de nos gestes sur des vies dont la plupart d’entre nous ne savons rien.
Savoir que, quand nous achetons du bois venu du Sarawak-Bornéo (Malaisie), notre geste équivaut à une condamnation à mort »
Aujourd'hui comme pour la destruction presque achevée des forêts de Malaisie,  les « consommateurs » s'offrant des tickets d'entrée pour le Marineland doivent connaître et mesurer les conséquences de cet acte d'achat.
Mieux informés ils pourront alors évaluer en conscience leur responsabilité individuelle dans la chaîne de production de cette sinistre industrie et décider de ne plus en être les complices actifs.

Mieux renseignés ils cesseront d'être l'acteur indispensable alimentant la poursuite d'une multitude de pratiques douteuses et honteuses liées au fonctionnement des Parcs Marins du monde entier.

Ils refuseront de cautionner la vie misérable de ces extra-terrestres complexes que sont les orques, dauphins, mais aussi les ours polaires, tous exploités comme variable d'ajustement du chiffre d'affaire de ces lieux d'amusement obscurantistes.

L'invitation à débattre dimanche 27 mars lancée au nouveau directeur de Marineland Arnaud Palu par Paul Watson et Pierre Robert de la Tour est restée sans effet… qui en doutait ?

Aucun des protagonistes sans aucun doute, la seule annonce acceptable ne pouvant être que l'annonce claire d'un changement de concept radical.
Or, il n'y a clairement pas dans cette entreprise commerciale le début d'un commencement de remise en question de leur vision de l'avenir (comme le serait par exemple un vrai projet pédagogique à base de réalité virtuelle ou augmentée). 
Ils sont rétrogrades, et leur modèle économique archaïque n'a pour seul objet que de « sauver les meubles » par l'artifice d'un habillage cosmétique et de phrases creuses. 
Leur corps de métier est l'amusement de masse, l'hôtellerie, l'OPTIMISATION DU PROCESS EVENEMENTIEL comme l'a dit très clairement l'ancien Directeur Bernard Giampaolo, « muté » à la suite des dernières inondations dévastatrices. 
Dans cette logique d'entreprise, il n'y a rien à attendre de sensible ou ressemblant à une véritable éthique, ça ne fait pas partie de l'univers mental des actionnaires du Groupe Parques Reunidos pas plus que l'idée de paix universelle n'a de sens pour un marchand d'armes.

vendredi 15 janvier 2016

Nice-Matin : une polémique qui sent le gaz-oil

Article de Nice-Matin du 15/01/16 en pdf

Transcription :

Attaqué dans un article du Point qui fustige la solution choisie pour évacuer des traces d'hydrocarbures relevées après les inondations d'octobre, le parc Antibois crie au faux procès.

Le parc antibois, Marineland, de nouveau au cœur de la polémique?
C'est ce qui transpire de l’enquête mise en ligne le 13 décembre dernier par le site Internet du Point.

Intitulé « Quand Marineland pollue... En douce », l'article démontre que dans les jours qui ont suivi les inondations meurtrières des 3 au 4 octobre derniers, le parc aquatique aurait pompé des résidus d'hydrocarbures déversés dans le bassin des orques.
Avant de les reverser dans le Maire, ce petit ruisseau qui serpente entre les installations du parc avant de se déverser dans la Brague.
Puis dans la mer.

Des hydrocarbures en aval du parc

Pour appuyer son enquête, le Point a financé deux prélèvements d'eau effectués le 21 octobre.
Un peu plus de quinze jours après la catastrophe. Mais surtout après un état des lieux dressé par le parc lui-même - conférence de presse à l'appui sur place - loin de convaincre les nombreux journalistes invités à constater les dégâts.
Et à poser toutes les questions auxquelles le parc avait refusé de répondre (nos éditions du 15 octobre) jusqu'alors.
Ces deux prélèvements effectués dans le Maïre - en amont, dans la zone de Vaugrenier, puis en aval du parc - diffèrent sensiblement.
C'est le très sérieux laboratoire lyonnais Carso, agréé par le ministère de la Santé, qui le dit.
En amont, pas de trace d'hydrocarbures ni de chlore utilisé pour désinfecter le bassin.
En aval, en revanche, leur présence ne fait plus aucun doute.
Pour les journalistes comme pour la militante Caroline Delompré, coordinatrice de l'ONG Sea Shepherd Nice contactée hier : « c’est la double démonstration que l'eau pompée provenait bien du bassin des orques. Que cette eau était chargée en hydrocarbures. Et qu'elle a ensuite été déversée dans un ruisseau qui irrigue des puits, un camping, avant de rejoindre la mer via la Brague.»

Une enquête à charge

De nouveau translucide, c'est la présence supposée d'hydrocarbures dans les eaux du bassin des orques au lendemain des inondations, qui créé de nouveau la polémique.
Rendez-vous est donc pris à la hâte sur le site.
C'est Jon Kershaw, le directeur zoologique de Marineland qui nous reçoit.
Presque quarante ans de show aquatiques derrière lui.
Hier, sous la pluie qui ne cesse de tomber. Dans le froid et la grisaille, Marineland continuait de panser ses plaies. « C’est hallucinant la façon dont ces personnes nous traitent » fustige d'emblée Jon.
«Tout est faux et je ne me suis pas gêné de le leur dire. À commencer par la présence d'hydrocarbures dans le bassin. Si cela avait été vrai, toutes les orques auraient péri. »
On se souvient que Valentin, une orque du parc, est décédé durant les inondations.
Officiellement d'une torsion de l'intestin.
Le 16 octobre dernier, du reste, Sophie Béranger-Chervet, la directrice départementale de la Protection des populations (DDPP) déclarait dans ces mêmes
colonnes : « Le bassin a été submergé par une vague. Elle était chargée de matières polluantes, vraisemblablement du gasoil. »
Un gasoil que le parc aurait donc pompé avant qu'il ne soit rejeté dans le Maïre?
« C'est archifaux », tempête Jon Kershaw. « II faut vous imaginer la scène que c'était, ici, au lendemain du déluge. Un lac à perte de vue. Avec des carcasses de voitures, des cadavres d'animaux et pas seulement du parc. Des cuves de mazout... On aurait dit un terrain de guerre. Alors allez savoir d'où venait cet hydrocarbure? En plus, il n'y a pas que le Maïre qui passe dans le parc. Mais un autre vallon qui provient directement des hameaux situés au nord du bassin et qui collecte toutes les eaux pluviales. »
Jon Kershaw ne réfute pas la présence d'hydrocarbures.
« On le voyait, ça irisait à la surface de l'eau. On le sentait aussi. Mais je vous assure qu'il ne venait pas du bassin des orques qui a été relativement épargné par la vague. E! la seule pollution relevée et transmise à la DDPP était minérale. « boue et sable. »
Quant à l'engin de pompage décrit par le Point?
« C'est la pompe dont nous nous sommes servis pour vider le local technique situé sous les gradins, noyé sous six mètres d'eau. Et où se trouvait le système, heureusement étanche, de filtrage du bassin grâce auquel nous avons pu rétablir la clarté des eaux au bout d'une dizaine de jours quand l'électricité est revenue. »
Encore marqué par un événement qu'il n'oubliera jamais et qui a mis au chômage technique plus de 2/3 des effectifs du parc, Jon Kershaw insiste:
« La DDPP est là depuis le lendemain des inondations. Elle a été régulièrement tenue au courant. On ne peut pas tricher avec l'État, sinon c'est la prison. »
On ne badine pas avec la sécurité des populations.
C'est le message que fait passer aujourd'hui Marineland en pleine reconstruction.

GUILLAUME BERTOLINO

guibertolino@nicematin.fr

Réouverture au printemps

« On a le temps et l'argent ».
C'est la consigne passée par Parques Reunidos, le groupe espagnol à la tête de Marineland depuis une dizaine d'années.
« Donc pas de précipitation pour la réouverture. On devrait être prêt avant l'été. Au printemps même, pourquoi pas. »
Secoué par de nombreuses polémiques dans la foulée des inondations (communication défaillante, condition des animaux... ) la scénographie du parc devrait changer.
Même si ce n'est pas lié se défend Jon Kershaw.
Exit le côté « bling bling » du bassin des orques.
Il devrait laisser-place à un programme plus « pédagogique ».
Davantage d'informations seront communiquées avec la nomination d'un nouveau directeur dans les prochains jours.

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NDLR : 
Exit le côté « bling bling » du bassin des orques.
Il devrait laisser-place à un programme plus « pédagogique ».

Aucun doute, cet aménagement cosmétique leur a été très spontané !
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18 janvier 2016 : Suite de la polémique et réponse de SeaSheapherd
Le Marineland d’Antibes qui génère un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros annuels* et dont la Fondation est une vitrine écologique censée véhiculer l’image d’un groupe soucieux de l’environnement, n’a pas hésité, pour des raisons purement financières à polluer l’écosystème en toute illégalité et à maintenir ses animaux captifs dans des conditions dangereuses pour leur santé.
* : Résultat net en 2014 de 5,5 millions

mercredi 13 janvier 2016

Quand Marineland pollue en douce… l'eau douce

Dans l'article et la vidéo du Point.fr (ci-dessous), on constate une fois de plus que ce sont des « privés » ou des Associations militantes qui font le job (SeaShepherd ici en l'occurence), les autorités quant à elles n'entendent rien, ne voient rien, ne « souhaitent pas » s'exprimer.
Le Marineland ouvrira en fanfare le 6 février et les élus locaux seront sans doute associés à la fête de l'emploi et du chiffre d'affaire retrouvés.

Quand Marineland pollue... en douce





VIDÉO. Après les intempéries d'octobre, Le Point.fr a effectué des analyses dans le cours d'eau qui traverse le parc, confirmant les soupçons de pollution.


Publié le - Modifié le | Le Point.fr


Jeudi 17 décembre 2015, Saint-Ouen-l'Aumône, en région parisienne, Pascal Michel s'empare des deux rapports d'analyses du laboratoire Carso posés sur son bureau.
Son regard parcourt l'ensemble en vitesse, puis se fige. « Il y a eu un rejet de chlorures et d'hydrocarbures dans ce ruisseau, c'est une évidence », lâche-t-il sans quitter les documents des yeux. Directeur du bureau d'études des milieux aquatiques Hydrosphère, l'écologue est formel : à l'endroit exact où le cours d'eau le vallon de la Maïre traverse la propriété privée de Marineland, les conclusions du plus grand laboratoire de France révèlent une incontestable source de pollution.
Effectués par Le Point.fr sur le site du parc aquatique, les prélèvements analysés par Carso indiquent un taux de chlorures de 408 mg/l, alors que la réglementation nationale estime qu'au-delà de 200 mg/l la qualité de l'eau est « très mauvaise ».
Même constat alarmant avec la présence anormale d'hydrocarbures : 31,5 mg/l.
Comme on l'avait pressenti, le 13 octobre dernier, en quittant les lieux après une visite chaperonnée par la direction du site, il y avait bien anguille sous roche derrière les grilles du parc animalier. L'affaire était aussi trouble que l'eau du bassin des orques après les inondations destructrices survenues dix jours plus tôt dans les Alpes-Maritimes. Des intempéries qui avaient entraîné la mort de 20 personnes sur la Côte d'Azur. Ravagé « à 90 % », le parc antibois n'avait, lui, d'autre choix que de fermer ses portes, censées rouvrir le 6 février prochain.









Magma bourbeux

À l'époque, au lieu de jouer la transparence, Marineland était resté flou sur l'état de santé de ses pensionnaires marins, alimentant les craintes des ONG. Parmi elles, Sea Shepherd France. Contactée au lendemain du déluge, Lamya Essemlali, sa présidente et cofondatrice, dénonçait déjà « une forme de maltraitance » liée à la captivité des bêtes, tenant l'homme pour responsable des lourdes pertes animales. Quelques jours après la publication de notre premier reportage, la présidente de l'ONG attirait notre attention sur l'exposé bancal d'Hervé Lux, directeur de la communication du parc, au sujet du bassin des orques dont l'eau, couleur verdâtre, n'avait pas été assainie en dépit des opérations de nettoyage. Résultat : les quatre cétacés s'engluaient dans un magma bourbeux. « Une eau sale », pour Hervé Lux, qui reconnaissait alors que le système de filtration ne fonctionnait pas « à 100 % »…
 
Au total, le bassin des orques contient 40 millions de litres puisés dans la Méditerranée à 70 mètres de profondeur.
L'eau salée est purifiée à l'entrée des conduits, puis retourne à la mer via des canalisations souterraines.
Petit hic : comment débarrasser le bassin de sa fange quand le dispositif classique n'est pas à la hauteur du désastre ?
Face à ce problème, le parc s'est procuré en urgence une pompe destinée à extraire les boues résiduelles agglomérées au fond du bassin.
Installée le 12 octobre, elle a été retirée le 4 novembre.

Mais qu'y avait-il dans cette eau souillée ?
Sollicitée à plusieurs reprises pour savoir si elle disposait d'analyses, la Direction départementale de protection des populations (DDPP) des Alpes-Maritimes n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Deuxième énigme, selon Lamya Essemlali de Sea Shepherd : « Où cette eau polluée est-elle rejetée ? »
Un seul moyen permettrait de connaître son itinéraire réel : s'approcher au plus près de l'appareil de pompage.

Dépôt visqueux et marron

Le 21 octobre 2015, Le Point.fr est donc de retour au Marineland, 306, avenue Mozart, à Antibes, où Caroline Delompré, co-coordinatrice de Sea Shepherd Nice, une brune aux yeux lagon, avait fixé le rendez-vous.
La veille, des membres de l'association étaient tombés des nues lors d'une ronde de nuit. Alertés par le vrombissement d'un moteur en provenance du parc, ils avaient identifié le raffut d'une pompe.
Caroline Delompré désigne un ru quasiment à sec par-delà le grillage.
Une buse dégoulinante d'un dépôt visqueux et marron sèche au soleil.
L'activiste pointe ensuite la rive, où un énorme tuyau relié à une imposante machine jaune moutarde gît sur la berge.
Sa gueule béante s'ouvre sur le ruisseau.
« On s'est rendu compte qu'ils rejetaient l'eau polluée du bassin des orques dans le vallon de la Maïre. »
En aval, ce cours d'eau se jette dans la Brague, puis termine sa course dans la mer.
Sur son parcours, il croise deux campings, alimente des puits, longe des centaines de riverains.
Le plus grand parc marin européen pouvait-il à ce point négliger biodiversité, environnement et voisinage ?
Nous décidons d'investiguer davantage en regagnant les lieux avec des flacons de prélèvement. Sur place, une poignée d'ouvriers lambine en plein soleil tandis que les employés sont partis déjeuner, à l'exception de trois soigneuses en combinaison noire qui déplacent des bacs d'où s'échappent des relents âcres de poissons.
Au moment où nous nous apprêtons à puiser de l'eau à la sortie du tuyau, un gardien furibond surgit à vélo : « Je peux savoir ce que vous faites ? »
Contre toute attente, il se propose, après nos explications, de nous conduire à un endroit dépourvu de clôture.
Soudain, il se ravise.
Un de ses supérieurs hiérarchiques vient de lui faire un signe.
Changement de ton. Il nous intime de quitter les lieux « avant qu'il appelle la police ».
Nous nous exécutons.




Cartes Galileo représentant le ruisseau Le vallon de la Maïre, parcourant le parc Marineland, se jetant ensuite dans la Brague puis dans la mer.      
© Le Point.fr Le Point.fr

« Contre nature »

Mais cette attitude défensive nous convainc de revenir quelque temps plus tard opérer à l'arbi des regards. Par souci d'objectivité, nous prenons soin de prélever également des échantillons à 300 mètres en amont de Marineland, en plein parc naturel de Vaugrenier (sur la commune de Villeneuve-Loubet), à titre de comparaison. Ainsi, s'il y avait pollution dans le vallon, elle ne pourrait être imputée qu'au parc, ces deux zones ayant essuyé les mêmes inondations.

Au mois de novembre, le couperet tombe : l'eau prélevée en aval contient des polluants absents en amont.

Conclusion : 
Sea Shepherd avait visé juste.
Marineland, en plus d'avoir mis en danger la vie d'animaux marins, dont celle de l'orque Valentin, officiellement décédée d'une torsion de l'estomac le 12 octobre à l'âge de 19 ans [une orque vit en moyenne 50 ans en milieu sauvage], a pollué pendant au moins trois semaines l'environnement varois.
En toute impunité. La morale de l'histoire, Lamya Essemlali la résume en une phrase :
« Quand on enferme des animaux dans des conditions contre nature, il ne faut pas s'attendre à un grand respect de cette dernière. »
La réaction de Jon Kershaw, directeur animalier du parc Marineland :
- « La flotte qui était pompée par la pompe Veolia venait de notre station de filtration. Cette eau provient des inondations qui ont envahi la salle de commande de la station, qui se trouve sous les gradins (du bassin) des orques, et qui ne communique pas avec celui-ci. La station était immergée. L'eau atteignait une hauteur de 6 mètres. La pompe ne prélevait pas du tout d'eau depuis la piscine (des orques)."
- « La pollution, qui a rendu le bassin des orques de couleur ocre, était minérale. C'était du sable. Et il n'y a jamais eu d'hydrocarbures dans la bassin des orques. C'est ridicule, physiquement et logistiquement impossible. Nous avons été contrôlé par la Préfecture et la DDPP le lendemain de l'inondation, qui ont rédigé un rapport d'analyse. Je ne peux pas vous fournir ce rapport. Pourquoi je le ferais ? Je ne vous dois aucune explication. »
- « Des hydrocarbures dans la Maïre, oui, il y en a eu. Mais ça ne venait pas de nous. Cela venait d'une cuve à gazoil. Elle n'est jamais passée par le bassin des orques. Cette cuve venait de quelque part, allez savoir où. Depuis, nous avons d'ailleurs nettoyé et dragué le fond de ce ruisseau. Tout est propre aujourd'hui. Je vous envoie une photo pour preuve par mail. (voir ci-dessous) Dix jours plus tard, il n'y avait d'ailleurs déjà plus de mazout dans le ruisseau. Ou alors probablement des traces. »
- « Le tuyau présent au bord du vallon de la Maïre était relié à la station de filtration, qui, comme je l'ai déjà dit, était remplie d'eau. C'est bien la Brague - reliée au vallon de la Maïre (NDLR) - qui s'est déversé dans le parc et qui nous a donné l'eau souillée. Donc on a retourné à la Brague l'eau qui venait de la Brague. L'eau du bassin des orques a été désinfectée au chlore et à la javel, puis évacuée, sans les filtres, par notre système de pompage habituel, relié à la mer. »

Source article et photos :  lepoint.fr