Les jours se suivent et se ressemblent, en captivité…
Bien triste
spectacle que cette chorégraphie lancinante, répétée des centaines de
fois, inlassablement, quotidiennement…
La maltraitance revêt
parfois des aspects quasi imperceptibles, mais contraindre un animal à
vivre dans un milieu totalement inadapté à ses besoins physiologiques
est une forme de maltraitance, n’en doutons pas…
Qu’en serait-il pour nous si nous devions vivre notre vie entière dans une pièce de quelques mètres carrés ?
Prenons 3mn 38 de notre précieux temps pour nous mettre à leur place, tout simplement…
Aucun bassin, aucune cage ne sera jamais assez grande pour contenir ce qui leur a été volé : leur liberté
« La véritable captivité se compose en fait exclusivement de grisaille quotidienne. » - Imre Kertész -
Vie de lion (de mer) ou vie de chien… misérable ?
La ruée vers l'ours
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La transcription et l'examen rigoureux d'une interview du Responsable animalier de Marineland, Jon Kershaw,(à la fin de ce billet) montre le spectacle éprouvant des contorsions intellectuelles d'un homme légitimant avec âpreté l'indéfendable.
Le soutien enthousiaste sans faille et très appuyé des élus locaux concernés ne laisse d'ailleurs planer aucun doute sur l'objet de l'entreprise, strictement perçue « créatrice de croissance, d'emploi et de tourisme ».
L'attitude de monsieur Jon Kershaw(Responsable Animalier) est cohérente : il a construit l'essentiel de sa longue carrière professionnelle (depuis 1970) sur le dos des animaux captifs depuis des lustres (US Navy et Parc Marins) il est loin d’être stupide, il est là depuis le début alors que passent les Directeurs et il sait pertinemment que « les temps du début », ceux du millénaire précédentou il a pu faire (citation de J.K.) « toutes les conneries possibles » sont bien révolus… ce qui rend sa position très compliquée.
Que penser en revanche du parachutage et de la première prestation télévisée du nouveau jeune directeur monsieur Arnaud Palu.
Comment interpréter sa calamiteuse déroute confronté au microde France-Inter si ce n'est qu'il est désormais impossible de défendre l'indéfendable.
Dépassé par la situation, il enfile en bredouillant les perles d'un discours mal assimilé concocté par un Service Communication repeint à la va-vite en Service Pédagogique.
Monsieur Palu « vend » de l'orque et du dauphin par hasard, ce pourrait être des aspirateurs en promo ou des machines à laver etson pathos larmoyant ne convainc vraiment pas quand on met en parallèle la non-vie des orques dont il a désormais la charge ET la responsabilité :
« (…) Nous avons remplacé les animaux de la ferme qui avaient été emportés.
Le soir, c’est mon petit trésor à moi, je récupère mon énergie lorsque je vais donner le biberon aux petits chevreaux qui viennent de naître » (…) »
A sa décharge, son CV ne l'a pas absolument pas préparé à ce piège poste :
Arnaud Palu, 48 ans, spécialiste du management de parcs de loisirs.
1991 - 2000 : Paris, Disneyland.
2001 - 2009 : Londres, Dôme du Millenium (et de deux autres dômes de ski au Royaume Uni).
2008 - 2009 : Dubaï, supervise les travaux d’une galerie commerce/loisirs.
2009 - 2010 : Los Angeles, entreprise de design pour parcs de loisirs.
A croire que la fonction crée l'organe, et habiter le personnage de Lou Ravi mais cette fois dans la crêche Marineland lui va comme un gant.
Viennent alors ces questions :
Ce poste de direction est-il une promotion ou une punition ?
Serait-il une taupe infiltrée envoyée par les vilains activistes pour ruiner Marineland de l'intérieur ?
Le spectacle de ces approximations pathétiques devant une caméra dés la première immersion permet de s'interroger.
Il ne se serait sans doute pas remis du round suivant… s'il avait accepté l'invitation.
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Le 18 Mars 2016, 3 jours avant la ré-ouverture officielle du Marineland
d’Antibes, après 6 mois de fermeture forcée due aux inondations, France
Bleu Azur consacrait une matinée spéciale au parc, avec les interviews
de Jon Kershaw(directeur animalier), Isabelle Brasseur(responsable pédagogique) et Arnaud Palu(directeur).
Dans l'article et la vidéo du Point.fr (ci-dessous), on constate une fois de plus que ce sont des « privés » ou des Associations militantes qui font le job (SeaShepherd ici en l'occurence), les autorités quant à elles n'entendent rien, ne voient rien, ne « souhaitent pas » s'exprimer.
Le Marineland ouvrira en fanfare le 6 février et les élus locaux seront sans doute associés à la fête de l'emploi et du chiffre d'affaire retrouvés.
VIDÉO. Après les intempéries d'octobre, Le Point.fr a effectué des
analyses dans le cours d'eau qui traverse le parc, confirmant les
soupçons de pollution.
Jeudi 17 décembre 2015, Saint-Ouen-l'Aumône, en région parisienne,
Pascal Michel s'empare des deux rapports d'analyses du laboratoire Carso
posés sur son bureau.
Son regard parcourt l'ensemble en vitesse, puis
se fige. « Il y a eu un rejet de chlorures et d'hydrocarbures dans ce
ruisseau, c'est une évidence », lâche-t-il sans quitter les documents
des yeux. Directeur du bureau d'études des milieux aquatiques
Hydrosphère, l'écologue est formel : à l'endroit exact où le cours d'eau
le vallon de la Maïre traverse la propriété privée de Marineland, les
conclusions du plus grand laboratoire de France révèlent une incontestable source de pollution.
Effectués par Le Point.fr sur le site du parc aquatique, les
prélèvements analysés par Carso indiquent un taux de chlorures de 408
mg/l, alors que la réglementation nationale estime qu'au-delà de 200
mg/l la qualité de l'eau est « très mauvaise ».
Même constat alarmant
avec la présence anormale d'hydrocarbures : 31,5 mg/l.
Comme on l'avait
pressenti, le 13 octobre dernier, en quittant les lieux après une visite chaperonnée par la direction du site,
il y avait bien anguille sous roche derrière les grilles du parc
animalier. L'affaire était aussi trouble que l'eau du bassin des orques
après les inondations destructrices survenues dix jours plus tôt dans les Alpes-Maritimes.
Des intempéries qui avaient entraîné la mort de 20 personnes sur la
Côte d'Azur. Ravagé « à 90 % », le parc antibois n'avait, lui, d'autre
choix que de fermer ses portes, censées rouvrir le 6 février prochain.
Magma bourbeux
À l'époque, au lieu de jouer la transparence, Marineland était resté
flou sur l'état de santé de ses pensionnaires marins, alimentant les
craintes des ONG. Parmi elles, Sea Shepherd France. Contactée au
lendemain du déluge, Lamya Essemlali, sa présidente et cofondatrice,
dénonçait déjà « une forme de maltraitance » liée à la captivité des
bêtes, tenant l'homme pour responsable des lourdes pertes
animales. Quelques jours après la publication de notre premier reportage,
la présidente de l'ONG attirait notre attention sur l'exposé bancal
d'Hervé Lux, directeur de la communication du parc, au sujet du bassin
des orques dont l'eau, couleur verdâtre, n'avait pas été assainie en
dépit des opérations de nettoyage. Résultat : les quatre cétacés
s'engluaient dans un magma bourbeux. « Une eau sale », pour Hervé Lux,
qui reconnaissait alors que le système de filtration ne fonctionnait pas
« à 100 % »…
Au total, le bassin des orques contient 40 millions de litres puisés
dans la Méditerranée à 70 mètres de profondeur.
L'eau salée est purifiée
à l'entrée des conduits, puis retourne à la mer via des canalisations
souterraines.
Petit hic : comment débarrasser le bassin de sa fange
quand le dispositif classique n'est pas à la hauteur du désastre ?
Face à
ce problème, le parc s'est procuré en urgence une pompe destinée à
extraire les boues résiduelles agglomérées au fond du bassin.
Installée
le 12 octobre, elle a été retirée le 4 novembre.
Mais qu'y avait-il dans
cette eau souillée ?
Sollicitée à plusieurs reprises pour savoir si
elle disposait d'analyses, la Direction départementale de protection des
populations (DDPP) des Alpes-Maritimes n'a pas souhaité répondre à nos
questions.
Deuxième énigme, selon Lamya Essemlali de Sea Shepherd : « Où
cette eau polluée est-elle rejetée ? »
Un seul moyen permettrait de
connaître son itinéraire réel : s'approcher au plus près de l'appareil
de pompage.
Dépôt visqueux et marron
Le 21 octobre 2015, Le Point.fr est donc de retour au Marineland,
306, avenue Mozart, à Antibes, où Caroline Delompré, co-coordinatrice de
Sea Shepherd Nice, une brune aux yeux lagon, avait fixé le rendez-vous.
La veille, des membres de l'association étaient tombés des nues lors
d'une ronde de nuit. Alertés par le vrombissement d'un moteur en
provenance du parc, ils avaient identifié le raffut d'une pompe. Caroline Delompré désigne un ru quasiment à sec par-delà le grillage.
Une buse dégoulinante d'un dépôt visqueux et marron sèche au soleil.
L'activiste pointe ensuite la rive, où un énorme tuyau relié à une
imposante machine jaune moutarde gît sur la berge.
Sa gueule béante
s'ouvre sur le ruisseau.
« On s'est rendu compte qu'ils rejetaient l'eau
polluée du bassin des orques dans le vallon de la Maïre. »
En aval, ce cours d'eau se jette dans la Brague, puis termine sa
course dans la mer.
Sur son parcours, il croise deux campings, alimente
des puits, longe des centaines de riverains.
Le plus grand parc marin
européen pouvait-il à ce point négliger biodiversité, environnement et
voisinage ?
Nous décidons d'investiguer davantage en regagnant les lieux
avec des flacons de prélèvement. Sur place, une poignée d'ouvriers
lambine en plein soleil tandis que les employés sont partis déjeuner, à
l'exception de trois soigneuses en combinaison noire qui déplacent des
bacs d'où s'échappent des relents âcres de poissons.
Au moment où nous
nous apprêtons à puiser de l'eau à la sortie du tuyau, un gardien
furibond surgit à vélo : « Je peux savoir ce que vous faites ? »
Contre
toute attente, il se propose, après nos explications, de nous conduire à
un endroit dépourvu de clôture.
Soudain, il se ravise.
Un de ses
supérieurs hiérarchiques vient de lui faire un signe.
Changement de ton.
Il nous intime de quitter les lieux « avant qu'il appelle la
police ».
Nous nous exécutons.
Mais cette attitude défensive nous convainc de revenir quelque temps
plus tard opérer à l'arbi des regards. Par souci d'objectivité, nous
prenons soin de prélever également des échantillons à 300 mètres en
amont de Marineland, en plein parc naturel de Vaugrenier (sur la commune
de Villeneuve-Loubet), à titre de comparaison. Ainsi, s'il y avait
pollution dans le vallon, elle ne pourrait être imputée qu'au parc, ces
deux zones ayant essuyé les mêmes inondations.
Au mois de novembre, le couperet tombe : l'eau prélevée en aval
contient des polluants absents en amont.
Conclusion :
Sea Shepherd avait
visé juste.
Marineland, en plus d'avoir mis en danger la vie d'animaux
marins, dont celle de l'orque Valentin, officiellement décédée d'une
torsion de l'estomac le 12 octobre à l'âge de 19 ans [une orque vit en
moyenne 50 ans en milieu sauvage], a pollué pendant au moins trois
semaines l'environnement varois.
En toute impunité. La morale de
l'histoire, Lamya Essemlali la résume en une phrase :
« Quand on enferme
des animaux dans des conditions contre nature, il ne faut pas
s'attendre à un grand respect de cette dernière. »
La réaction de Jon Kershaw, directeur animalier du parc Marineland
:
- « La flotte qui était pompée par la pompe Veolia
venait de notre station de filtration. Cette eau provient des
inondations qui ont envahi la salle de commande de la station, qui se
trouve sous les gradins (du bassin) des orques, et qui ne communique pas
avec celui-ci. La station était immergée. L'eau atteignait une hauteur
de 6 mètres. La pompe ne prélevait pas du tout d'eau depuis la piscine
(des orques)." - « La pollution, qui a rendu le bassin des orques de couleur ocre,
était minérale. C'était du sable. Et il n'y a jamais eu d'hydrocarbures
dans la bassin des orques. C'est ridicule, physiquement et
logistiquement impossible. Nous avons été contrôlé par la Préfecture et
la DDPP le lendemain de l'inondation, qui ont rédigé un rapport
d'analyse. Je ne peux pas vous fournir ce rapport. Pourquoi je le ferais
? Je ne vous dois aucune explication. » - « Des hydrocarbures dans la Maïre, oui, il y en a eu. Mais ça ne
venait pas de nous. Cela venait d'une cuve à gazoil. Elle n'est jamais
passée par le bassin des orques. Cette cuve venait de quelque part,
allez savoir où. Depuis, nous avons d'ailleurs nettoyé et dragué le fond
de ce ruisseau. Tout est propre aujourd'hui. Je vous envoie une photo
pour preuve par mail. (voir ci-dessous) Dix jours plus tard, il n'y
avait d'ailleurs déjà plus de mazout dans le ruisseau. Ou alors
probablement des traces. » - « Le tuyau présent au bord du vallon de la Maïre était relié à la
station de filtration, qui, comme je l'ai déjà dit, était remplie d'eau.
C'est bien la Brague - reliée au vallon de la Maïre (NDLR) - qui s'est
déversé dans le parc et qui nous a donné l'eau souillée. Donc on a
retourné à la Brague l'eau qui venait de la Brague. L'eau du bassin des
orques a été désinfectée au chlore et à la javel, puis évacuée, sans les
filtres, par notre système de pompage habituel, relié à la mer. »
Ce matin, l'information expédiée façon BFM TV dans une approche faussement neutre présentant dans un premier temps quelques « ravis » aux entrées payantes ignorants tout de l’envers du décors du Zoo et dont le ressenti émerveillé est sans intérêt, on aurait pu en trouver tout autant de très négatifs, si, si, il y en a ! il n'est qu'à regarder les nombreux avis calamiteux de TripAdvisor, … Sans intérêt donc car le sujet n'était pas ici de noter un spectacle par ailleurs fort discutable, mais de considérer les conditions de vie des animaux exploités pour le faire.
On donne ensuite la parole aux « militants » et aux « manifestants », c'est à dire vous et moi (et donc sous-entendu pas grand-chose), mais surtout pas à des spécialistes contradicteurs dont l'avis autorisé pourrait porter un véritable ombrage à l'établissement.
La conclusion, autrement dit le dernier mot est laissé comme par hasard au détenteur de l'autorité sensé être la caution scientifique alors que ses déclarations sont forcément dictées par le conflit d'intérêt : le Directeur Animalier du Marineland assène alors son lieu commun réducteur préféré à l'évidence faussement logique : « Libérer les orques est absurde et impossible ».
Et c’est plié !
Du pur BFM TV égal à l'infini néant journalistique dans un « reportage » tout sauf neutre.
à voir et à revoir pour tous les amoureux des cétacés et tout simplement de la nature.
Documentaire émouvant, captivant et très complet.
En effet, il aborde une multitude de thèmes comme :
• La vie des cétacés en milieu naturel
• La vie en captivité
• Les captures
• Le marché noir des cétacés
• L'industrie financière de SeaWorld
• Les attaques en captivité
• Une ouverture sur des solutions futures
On peut, entre autre, écouter Ric O'Barry témoigner qui, rappelons le, était à la manifestation de dimanche dernier (12 juillet 2015) devant le Marineland d'Antibes.
Elle était née prématurément, avec un mois d'avance, suite à insémination artificielle.
On sait pourtant que les bélugas s'adaptent particulièrement mal à la captivité.
Ces cétacés à l'état sauvage évoluent dans les mers polaires arctiques et subarctiques, loin du soleil et des cocotiers.
Le taux de mortalité chez les bébés bélugas en captivité est très important, mais cela n'empêche pas les parcs marins de continuer à s'acharner dans l'espoir de faire naître de nouveaux bébés (car on le sait bien, les bébés attirent davantage les touristes).
Un grand MERCI aux parcs marins pour leurs actions communes en faveur de la préservation des espèces et des océans !!!