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dimanche 21 mai 2017

Suite… et fin de Marineland ? ou l'abolition «progressive» de l'esclavage.



Bouteille à moitié vide ou pleine ?, telle était la question faisant débat dans les diverses communautés s'opposant à la captivité et à l'exploitation commerciale des cétacés dans les Parcs Marins quand le Ministère de l'environnement lançait sa consultation publique.
Rendre un peu plus supportables des conditions de vie atrophiées mais moralement inacceptables était l'objectif à atteindre pour les uns.
Pour les autres : le « moindre mal » étant toujours le Mal, ils considéraient que ce niveau de « mal » n'étant pas négociable, il fallait interdire sans concession ces lieux d'exploitation et d'asservissement d'êtres vivants.

La bombe a explosé le 3 mai : la reproduction des cétacés sera désormais interdite dans les Parcs Marins français.

Une sorte de Jugement de Salomon satisfaisant les uns comme les autres tout en donnant au troisième le temps de se réorganiser et au personnel de changer de métier.

On trouvera regroupés ici la lettre ouverte des soigneurs (dresseurs ?) du Marineland d’Antibes, la pétition immédiate dûment mise en place et la réponse de Sea Shepherd France.

On observera que la contre-pétition de C'est assez « explose » quant à elle avec dix fois plus de signatures à ce jour que la pauvre supplique du Marineland d'Antibes.

La foudroyante fronde anti-arrêté n'aurait pu en effet venir des actionnaires sous peine d’un fou-rire incoercible - même des moins renseignés - à l'évocation des prétentions éthiques de cette usine à fric bien assimilées et régurgitées par le personnel.

Les « gentils-soigneurs » visiblement un chouilla neuneus mais soucieux de conserver leur boulot sans se poser trop de questions qui fâchent sans risquer des courts circuits neuronaux se sont donc fait promptement instrumentaliser par leur direction afin de monter aux créneaux et produire cette « lettre ouverte» dégoulinante du pathos le plus larmoyant que peut engendrer la littérature de gare, osant même en appeler pathétiquement au sens de la famille.

Ils s’épanchent là sans pudeur, nous parlent essentiellement d’eux-mêmes et de leur sentimentalité de pacotille 100% anthropomorphique… pour s’insurger principalement (et comme par hasard) contre l’interdiction de la reproduction des animaux alors que, soyons clair, ni les dauphins, pas plus que les orques n’ont jamais demandé à vivre claustrés dans ces bassines où on les stimule, jusqu’à pratiquer la branlette des mâles sans doute pour qu’ils puissent - à les entendre - mieux s’épanouir…

C’est lamentable intellectuellement, et tout simplement indigne.

Mesdames, messieurs montreurs de baleines essentiellement au service des actionnaires dont vous êtes les employés, si vous ZAIMEZ les animaux plus que vous-même, c’est à dire au-delà de votre plaisir personnel égocentré, vous vous êtes trompés de job.

C’est moche et c’est difficile pour tout le monde de se remettre en question, soit… mais vous pourriez au moins tenter de demeurer dignes et nous laisser espérer que vous avez un peu de recul et de jugeote en continuant à vous taire…


Arrêté du 03 mai 2017, paru au Journal Officiel le 06 mai.

Arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés.
«La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l'être, sans ouvrir à de nouvelles naissances.»

Lettre ouverte des soigneurs de Marineland concernant l'arrêté du 03 mai 2017

Trois bassins, trente soigneurs, une équipe, et le même besoin de ne plus rester silencieux, parce que la vie nous importe.
Nous, les soigneurs de Marineland n'avons jusqu'à maintenant jamais réagi aux accusations de maltraitance envers les dauphins et les orques sous notre responsabilité, même si elles ont toujours été extrêmement blessantes.

En effet, elles le sont parce qu'elles sont fausses, parce que nous savons ce que nous apportons aux animaux.

Nous avions choisi de nous taire car elles ne sont pas proférées par des scientifiques ou des professionnels et pourtant l'impact sur l'opinion publique est énorme.

Si votre voisin est accusé de maltraitance envers sa famille, peu importe que les faits soient avérés ou pas, vous ne le regarderez plus jamais de la même façon.

Mais comment pouvez-vous penser une seconde que nous soyons capables de les maltraiter ?

Aujourd'hui nous devons réagir parce que nous ne sommes plus les seuls touchés, les conséquences vont directement impacter les animaux puisqu'il a été décidé par le ministre de l'environnement dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai d'interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité sans aucune concertation.

Cette décision est choquante car elle apparait dans un arrêté défendant le bien-être animal alors qu'elle le met en péril.

Sachez que nous avons choisi ce métier par amour des animaux.

Nous sommes des spécialistes expérimentés, formés, et passionnés.

Nous vivons avec les dauphins et les orques au quotidien. Ils nous donnent tout, nous leur devons tout.

L'expérience acquise au fil des années par les soigneurs présents chaque jour avec nos groupes d'animaux en les voyant évoluer, grandir, changer et se construire autour du groupe social nous permet de savoir ce qui est bon et bien pour eux.

Ces animaux avec lesquels nous partageons nos journées reçoivent des soins adaptés à leurs besoins :

Alimentation variée de qualité, stimulations intellectuelle et physique, enrichissement de leur environnement font partie des points primordiaux de chaque instant que nous passons à leur côté.

Notre unique objectif est de leur apporter toute l'attention nécessaire. Sachez donc que nous menons le mème combat. ce qui nous tient le plus à cœur est de protéger ces espèces et d'assurer leur bien être.

Oui nous faisons des séances interactives, oui nous donnons à chaque visiteur l'occasion d'aller au plus près de ces animaux, oui notre mission est de partager nos connaissances mais toujours et avant tout dans le respect et avec leur coopération, C'est grâce à la relation basée sur le respect et le partage que nous avons établie avec eux, que nous pouvons éduquer et sensibiliser chaque personne qui visite notre parc.

Des personnes de tout âge, des enfants, des assocIatIons soutenant des personnes atteintes de pathologie, des groupes scolaires, des familles, tous apprennent respecter le monde animal au contact des animaux.

Aucun livre, aucun reportage, si bien qu'il puisse être, ne saura remplacer cet instant. Parce qu'on est auprès de ces êtres vivants au quotidien, c'est une immense tristesse de ne pas envisager de futur pour ces ambassadeurs, « porte-parole » des océans, parce que les visiteurs nous ont montrés que mieux les connaître c'est mieux les protéger.


Enfin, cet arrêté présente de nombreuses incohérences. Vouloir améliorer les conditions de vie des animaux en captivité en interdisant la reproduction est un non-sens total. Comment peut-on parler de bien-être animal en les privant d'un des éléments indispensables à celui-ci ?

Nous aimons et respectons trop les animaux pour leur interdire le droit essentiel de se reproduire, essence même de la vie. Si la reproduction est interdite, c'est maintenant que commence la maltraitance.

Parce que la recherche nous a prouvé que ce sont des animaux très sociaux, la reproduction est la base de la survie du groupe, ainsi perpétuer l'espèce est un souci collectif.

Au-delà de la préservation de l'espèce, le respect des besoins physiologiques est une condition indispensable il leur bien-être, que nous nous devons d'assurer, comme le précise l'arrêté de Mars 2004, articles 10 et 17.

La privation de nourriture n'existe pas, la privation de vie sociale n'existe pas, la privation de reproduction ne doit pas exister si nous voulons continuer il respecter les animaux dans leur identité, ne nous demandez pas de les dénaturer.

Parce qu'aucun titre ne donne la légitimité d'enlever à Malou son instinct maternel, d'enlever à Rocky la chance de courtiser à nouveau les femelles, d'enlever à Dam la possibilité d'être père, et enfin d'enlever à Kai tout avenir.

Pour toutes ces raisons, nous, passionnés et amoureux des animaux, en notre âme et conscience, nous déplorons cette incohérente décision, et nous nous battrons parce qu'ils le méritent.

En tant que soigneurs qui aimons, respectons et soignons les animaux au quotidien nous souhaitons que la reproduction continue dans les parcs marins français pour le bien-être des dauphins et orques.

Afin que les générations futures puissent encore voir des êtres fantastiques dans les zoos, comme des millions de gens ont pu le faire jusqu'à maintenant. Et ainsi comprendre l'importance de protéger la nature et s'engager à la préservation des espèces en milieu sauvage.

Nous protégeons ce que nous aimons
Nous aimons que nous comprenons
Nous comprenons ce que nous connaissons
Nous connaissons ce qu'on nous a appris.

Les soigneurs de Marineland

Source

Réponse aux dresseurs du Marineland (Sea shepherd France)

L’arrêté du 3 mai 2017, en plus d’imposer quelques mesures visant à rendre un peu moins pénible la privation de liberté imposée aux cétacés, a réservé une surprise de taille aux delphinariums : la fin de la reproduction des individus captifs - assortie d’une interdiction d’importation - et donc à terme, la fin de la captivité en France.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe du côté des delphinariums, en particulier au Marineland d’Antibes. Et pour cause, elle sonne le glas, à moyen terme d’une industrie lucrative, particulièrement pour le fond de pension britannique Arle Capital Partners, principal actionnaire de Parques Reunidos, multinationale aujourd’hui propriétaire du Marineland, qui affichait en 2014 un résultat net de 5,5 millions d’euros.

Dans une lettre ouverte en réaction au passage de l’arrêté les dresseurs du Marineland s’insurgent contre les accusations de maltraitance qui ne s’appuient selon eux, sur rien de scientifique.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques attestent d’une évidence qui n’est plus contestée que par les delphinariums eux mêmes : les dauphins nés ou vivant en captivité mènent une existence bien plus courte et plus morose que leurs congénères libres, bien en deçà de leurs besoins physiologiques, de leur organisation sociale complexe et de leurs aptitudes émotionnelles extraordinaires qui par bien des aspects, dépassent celles des humains.
En plus de les renseigner sur leur environnement, leur sonar agit comme un décodeur des émotions qui leur donne accès à un monde sensoriel que nous n’imaginons même pas.

Dans leur lettre, les dresseurs jurent leur amour des dauphins mais le caractère cruel et douloureux de la captivité n’a pas grand chose à voir avec le sentiment d’attachement réel que peuvent éprouver les dresseurs pour les dauphins captifs. Les dresseurs - pour la plupart - aiment certainement les dauphins. Les dresseurs repentis de cette industrie comme John Hargrove, ancien dresseur à Sea World et Marineland, apportent à ce sujet un témoignage éclairant et parlent d’un aveuglement, d’une forme de naïveté profonde qui les a conduits malgré tout l’amour qu’ils portaient aux dauphins, à se rendre complices de leur calvaire.

Mais si nous ne doutons pas de l’amour des dresseurs pour les dauphins, ils restent dans un rapport de domination et d’exploitation d’animaux qui n’ont pas choisi d’être là et dont les conditions de vie en bassins interdisent à leurs besoins et aptitudes naturels les plus élémentaires de s’exprimer, à savoir utiliser leur sonar pour appréhender le vaste monde qui les entoure, chasser en groupe, sonder jusqu’à 100 mètres de profondeur, parcourir une centaine de kilomètres par jour, surfer sur les vagues, choisir leurs partenaires parfois pour la vie...

Etrangement, de toutes ces privations, la seule qui semble insupportable aux yeux des dresseurs est celle là même qui perpétue leur triste destin, génération après génération : la reproduction. Souvent obtenue par insémination artificielle, et/ou imposée à des dauphins qui ne se sont pas choisis ou encore par rapport incestueux. Combien de morts nés ? (l’orque Freya à Antibes a eu au moins 4 mort-nés). Combien d’infanticides ? (le jeune Aicko à Planète Sauvage ou encore la petite Aloa au Parc Astérix) Combien de petits arrachés à leur mère et de séparations, comme la dauphine Femke qui se laisse actuellement mourir de chagrin au parc Astérix depuis qu’on lui a enlevé son fils Ekinox, transféré dans un autre delphinarium ?

Les dresseurs d’Antibes prétendent que grâce aux delphinariums, les visiteurs apprennent à respecter le monde animal. Mais il n’y a pas de respect dans la contrainte et dans la privation de liberté. Le message transmis par les delphinariums est qu’il est acceptable d’enfermer dans des bassins minuscules des animaux physiologiquement taillés pour parcourir le vaste océan. Des travaux récents démontrent une évidence déjà induite par le bon sens, à savoir que les spectacles d’animaux captifs amènent les enfants à chosifier ces derniers et ne leur permet pas de développer rapport respectueux et empathique au monde vivant.

Dans cette relation du dresseur à l’animal, même parée des meilleurs sentiments, il n’ y a pas de respect. L’animal reste soumis à la domination humaine.

Vous, dresseurs du Marineland, qui "vivez avec les dauphins et les orques au quotidien", vous ne partagez pas leur prison. Chaque jour, c’est de votre plein gré que vous entrez dans le bassin et chaque soir, contrairement aux dauphins, c’est en toute liberté que vous en sortez et rentrez chez vous, retrouver ceux que vous aimez, ceux que vous avez choisi. Vous qui savez à quel point la psychologie et les aptitudes émotionnelles des dauphins sont proches des nôtres, vous qui de toute évidence les aimez, ne pouvez vous pas faire preuve de davantage d’empathie ? Echangeriez vous votre place avec la leur ? Si la réponse est non, alors au lieu de nous combattre, aidez nous à leur donner les clés d’une nouvelle vie.

Une vie où leurs instincts, leurs comportements physiologiques, leurs capacités cognitives et affectives extraordinaires seront libres de s’exprimer à nouveau. Des dauphins captifs ont déjà retrouvé la liberté, c’est possible. Pour monter de nouveaux programmes de réhabilitation de ces orques et dauphins à la vie sauvage, toutes les bonnes énergies seront nécessaires, la vôtre y aurait tout son sens. Comme vous le dites dans votre lettre, vous leur devez tout. Alors vous leur devez bien ça.

Que cette génération de dauphins captifs soit la dernière mais qu’elle ne soit pas pour autant une génération sacrifiée.

Nous protégeons ce que nous aimons.
Nous aimons ce que nous comprenons.
L’amour ne connaît pas de prison.

Source
Note :
Chronique de 10 jours de stage au Marineland d'Antibes (en 2014) d'un humain doté d'un cerveau :
J'ai vu les coulisses de Marineland

lundi 27 février 2017

L'acceptabilité sociale


Qu'est-ce que « l'acceptabilité sociale » ?

De mon temps on appelait ça « l'art de faire avaler des couleuvres ».
De la pratique d'un art, c'est devenu aujourd'hui une science très aboutie avec ses théoriciens, stratèges, experts en communication, marketing, gestion des risques, etc.
Pour mordre dans le concept, il me vient un exemple exemplaire n'ayant rien à voir avec le Barnum antibois dénommé Marineland, mais tout avec les couleuvres géantes comme à Montpellier…

Tout est dit ici quand il s'agissait de faire passer la gigantesque couleuvre du nucléaire civil dans ce rapport de l'OMS en 1958 :
Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accomoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poête anglais du XVIIIe siècle saurait « chevaucher l'ouragan et diriger les tempêtes » 
(Rapport techniques, 151, page 59, OMS, Genève, 1958)
La suite c'est Tchernobyl, Fukushima…vous avez  bien mordu le concept ?

Revenons à nos orques, dauphins et autres bestioles qui marinent dans le chlore.

Le gouvernement a lancé une CONSULTATION PUBLIQUE du 07/02/2017 au 01/03/2017 concernant les nouvelles modalités de détention des cétacés à qui l'on est bien incapable de demander ce qu'ils pensent de leur condamnation à perpet dans ces bassines d'isolation sensorielle où ils végètent et crèvent prématurément.
La légitimité des Parcs Marins a du plomb dans l'aile, l'émission THALASSA qui a su faire accepter les caméras dans le Marineland, parvient d'ailleurs à le démontrer en faisant simplement appel à notre propre entendement, nous faisant subtilement appréhender l'effarante indignité de ces parcs.

L'affaire est sérieuse pour les actionnaires, il s'agit donc d'en fabriquer du consentement et de jouer la bonne musique avec quelques appuis.

Le gouvernement s'y colle donc avec un projet d'Arrêté promu par les experts de la juteuse filière.

SeaShepherd dans son décryptage démonte le texte de l'Arrêté d'une impeccable et implacable façon.
(Développement également ICI)

Je ne développerai pas plus ici, l'Organisation Internationale s'en chargeant fort bien.

Et voilà maintenant la délicieuse Consultation Publique sous l'égide de la Ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer dont l'insensibilité aux lobbies et la pertinence ne sont plus à démontrer. 

A cette heure 3668 commentaires sont persuadés de « participer » ça défoule et c'est fait pour ça.
Je n'ai pas vu un seul commentaire favorable aux Parcs (celui ou celle qui en trouvera un aura droit… à ma considération). 
Faisons les paris de savoir si ça va changer quoi que ce soit…

Dans son GUIDE DES BONNES PRATIQUES AFIN DE DE FAVORISER L'ACCEPTABILITE DES PROJETS (oui je sais… la page n'existe plus allez savoir pourquoi !) le Conseil du Patronat en environnement déclarait :
« la dichotomie entre la croissance nécessaire [sic] et le développement contesté se manifeste de plus en plus ».
puis…
« l’acceptabilité sociale émerge maintenant en tant qu’enjeu majeur du XXIe siècle car les promoteurs de projets, comme les gouvernements d’ailleurs, reconnaissent les répercussions qu’un problème d’acceptabilité sociale peut engendrer pour leur réputation, pour le succès des projets et le développement économique ».
Comme il ne peut hélas pas « supprimer » le peuple, l'Etat travaille sur « l'acceptabilité » pendant que le Marineland et les autres Montreurs d'animaux travaillent leur communication.

Avec cet Arrêté, la situation va empirer comme le démontre SeaShepherd.
Dans ces Consultations Publiques, nous n'avons aucun pouvoir.
C’est donc un acte de foi dans une institution qui aura le dernier mot sans aucune intention réelle de nous représenter, ni de veiller à l’intégrité de l’environnement naturel.
On a vu et l'on voit les mêmes manipulations concernant la question du loup en France.



« 2017, une nouvelle histoire commence », petit air pourtant déjà connu, que les « croyants » (aveugles et sourds comme il se doit pour tout croyants) imaginaient que c'était déjà inscrit dans les faits depuis plusieurs mois… foi de Jon Kershaw, croix de bois, croix de fer.
Les gentils soigneurs continueront à témoigner de l'amour qu'ils portent aux animaux alors que seul leur petit petit plaisir égocentrique sert à justifier leur boulot et leur bonne conscience.
Du logo, on supprime l'orque clownesque qui cabriole (c'est pourtant toujours bien lui l'esclave pourvoyeur de la machine à cash, mais ça fait mauvais genre en ce moment) on le remplace par un « signe » discret, neutre, évocation marine et quasi subliminale d'une raie (les gens s'en foutent des raies coco…)
 
L'« acceptabilité » ça se travaille au corps et patiemment dans les détails dans la gigantesque Fabrique du Consentement qui nous encercle.

vendredi 2 décembre 2016

Le bal des maudits


 Avec nos félicitations


Ainsi donc, monsieur Arnaud Palu Directeur du Marineland d'Antibes a annoncé jeudi qu'il quittait le navire désormais encalminé régulièrement par les alertes météos Orange et Rouge qui se succèdent dans cette zone inondable à haut risque de désastre.

Si ça, ça n'est pas l'instinct de conservation qui s'exprime !, je veux bien moi aussi être damné…

Car en effet le contexte risque fort de ne pas s'améliorer dans le futur dans la plaine de la Brague, mais il suffira aux divers responsables de psalmodier le mantra « Quand le bâtiment va… tout va » pour contrer l'adversité (et à nous autres d'avoir de la mémoire).

Ce winner sympathique en provenance de Dubaï nous avait bien réjoui dés son arrivée par ses déclarations.

Il se raconte en ville que notre homme aurait même fini par proposer à ses employeurs un plan (assez mal ficelé) pour réintégrer les orques à la vie en liberté.
Si la rumeur est fondée, c'est un peu comme si le gérant d'un MacDo local proposait à la maison mère de cesser de fourguer sa sciure de bidoche hétérogène malaxée entre deux bouts de pain en ne conservant que le Chédar et la feuille de salade… sous prétexte que c'est cancérigène. 
Mais on peut toujours essayer d'y croire. 

Patate chaude et chaise musicale

Gageons qu'il sera difficile de trouver un successeur suffisamment téméraire pour accepter de se faire refiler cette Patate Brûlante qu'est le Parc ceci à quatre mois du procès contre Marineland…

C'est sans doute Mr Kershaw, l'increvable Directeur Animalier dont la tête dépasse qui devra s'y coller… comme par hasard ça tombe bien, c'est le principal « mis en cause ».

Sur le même sujet :

L'article de Nice-Matin

Manipulation Marineland


mercredi 30 mars 2016

Marineland et la culture des perles


La transcription et l'examen rigoureux d'une interview du Responsable animalier de Marineland, Jon Kershaw, (à la fin de ce billet) montre le spectacle éprouvant des contorsions intellectuelles d'un homme légitimant avec âpreté l'indéfendable.
Mission impossible, car il s'agit d'un combat d'arrière-garde déjà largement perdu en Californie chez le grand-frère SeaWorld.

Aucun argument scientifique, moral éthique, voire philosophique ne peut venir au secours d'une INDUSTRIE dont la finalité naturelle première est l'enrichissement de ses actionnaires quel que soit l'habillage sémantique sous lequel la communication et le marketing la camoufle.

Aucun authentique spécialiste scientifique de la biologie et des Sciences de la nature ne peut se compromettre dans ce commerce sans ruiner sa crédibilité, c'est la raison du recrutement des Directeurs dans l'univers de l'hôtellerie ou aujourd'hui dans celui du Roller Coaster.

Le soutien enthousiaste sans faille et très appuyé des élus locaux concernés ne laisse d'ailleurs planer aucun doute sur l'objet de l'entreprise, strictement perçue « créatrice de croissance, d'emploi et de tourisme ».

L'attitude de monsieur Jon Kershaw (Responsable Animalier) est cohérente : il a construit l'essentiel de sa longue carrière professionnelle (depuis 1970) sur le dos des animaux captifs depuis des lustres (US Navy et Parc Marins) il est loin d’être stupide, il est là depuis le début alors que passent les Directeurs et il sait pertinemment que « les temps du début », ceux du millénaire précédent ou il a pu faire (citation de J.K.) « toutes les conneries possibles » sont bien révolus… ce qui rend sa position très compliquée.

Que penser en revanche du parachutage et de la première prestation télévisée du nouveau jeune directeur monsieur Arnaud Palu.
Comment interpréter sa calamiteuse déroute confronté au micro de France-Inter si ce n'est qu'il est désormais impossible de défendre l'indéfendable.

L'ex Cadre de Parc d'Attraction géant de Dubaï, n'a sans doute pas pris la mesure du chaudron brûlant et fissuré dans lequel son employeur le plongeait.

Ces interventions en sont la démonstration.
Dépassé par la situation, il enfile en bredouillant les perles d'un discours mal assimilé concocté par un Service Communication repeint à la va-vite en Service Pédagogique.

Monsieur Palu « vend » de l'orque et du dauphin par hasard, ce pourrait être des aspirateurs en promo ou des machines à laver et son pathos larmoyant ne convainc vraiment pas quand on met en parallèle la non-vie des orques dont il a désormais la charge ET la responsabilité :

« (…) Nous avons remplacé les animaux de la ferme qui avaient été emportés.
Le soir, c’est mon petit trésor à moi, je récupère mon énergie lorsque je vais donner le biberon aux petits chevreaux qui viennent de naître » (…) »

A sa décharge, son CV ne l'a pas absolument pas préparé à ce piège poste :

Arnaud Palu, 48 ans, spécialiste du management de parcs de loisirs.
  • 1991 - 2000 : Paris, Disneyland.
  • 2001 - 2009 : Londres, Dôme du Millenium (et de deux autres dômes de ski au Royaume Uni).
  • 2008 - 2009 : Dubaï, supervise les travaux d’une galerie commerce/loisirs.
  • 2009 - 2010 : Los Angeles, entreprise de design pour parcs de loisirs.
  • 2010 - 2015 : Dubaï, galerie commerce/loisirs/ski.
  • 2016 : arrive à la tête de Marineland.
Tout ceci est tellement affligeant que les bras nous en tombent contrairement à ceux du Santon Provençal.

A croire que la fonction crée l'organe, et habiter le personnage de Lou Ravi mais cette fois dans la crêche Marineland lui va comme un gant.

Viennent alors ces questions :
  • Ce poste de direction est-il une promotion ou une punition ?
  • Serait-il une taupe infiltrée envoyée par les vilains activistes pour ruiner Marineland de l'intérieur ?
Le spectacle de ces approximations pathétiques devant une caméra dés la première immersion permet de s'interroger.

Il ne se serait sans doute pas remis du round suivant… s'il avait accepté l'invitation.

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Le 18 Mars 2016, 3 jours avant la ré-ouverture officielle du Marineland d’Antibes, après 6 mois de fermeture forcée due aux inondations, France Bleu Azur consacrait une matinée spéciale au parc, avec les interviews de Jon Kershaw (directeur animalier), Isabelle Brasseur (responsable pédagogique) et Arnaud Palu (directeur). 

Ré-ouverture du Marineland, Volume 1 :
Le show et froid de Jon Kershaw

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Ré-ouverture du Marineland, Volume 2 :
La pédagogie moderne selon Isabelle Brasseur

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Ré-ouverture du Marineland, Volume 3 :
Arnaud Palu, bye-bye Dubaï, Marineland aïe !

 

 

vendredi 22 janvier 2016

Marineland : changer les apparences, c'est ce qui compte…



Réponse autistique de Jon Kershaw dans le Parisien du 21 janvier 2016 :

« Alpes-Maritimes : le Marineland d'Antibes change d'image »

Dans la Société du Spectacle, de ces tauliers et du faux-semblant, seul l'habillage est concevable et accessibles pour ces esprits marchands, et il est servi ici à grand renfort de marketing offensif et primaire : Nager avec les dauphins, ciblage des enfants pour mieux prendre les parents en otage accompagné de toute la pédagogie de bazar qui va avec. 
Or, c'est clairement de l'arrêt pur et simple des zoo marins ou leur changement radical de forme comme de fond dont il est question… et ça n'est pas négociable.
Le ripolinage opportuniste des « spectacles » à  venir « spontanément » (sic) moins bling-bling, la réduction des décibels, ne fera que retarder l'échéance, car la place de ces animaux est dans leur milieu naturel et la prise de conscience est planétaire.
En Californie depuis Octobre 2014 déjà, la ville de San-Francisco a pris une résolution phare reconnaissant les droits des baleines et des dauphins :
Dans une décision historique rendue mercredi, le Conseil de Surveillance de San Francisco a adopté une mesure indiquant que les cétacés, les baleines ou, dauphins et marsouins, ont le droit de ne pas subir la vie en captivité.
La résolution stipule que les animaux méritent « d'être dispensés de la captivité, et de rester sans restriction dans leur environnement naturel. »
Il a été soutenu à la fois par le superviseur de San Francisco Scott Wiener et parrainé par l'Earth Island Institute‘s International Marine Mammal Project.  [Projet international sur les mammifères marins.]


Comme c’est sa vocation, le Conseil a cité les capacités émotionnelles et intellectuelles complexes des cétacés, ainsi que le stress psychologique avérés comme les taux élevés de mortalité causés par la captivité dans les parcs marins comme SeaWorld.
La résolution est la première de son genre aux États-Unis
Le commissaire au contrôle et au bien-être des animaux de San Francisco, Russell Tenofsky a d’abord présenté la résolution à la Commission plus tôt cette année.
« Le Conseil de Surveillance de San Francisco a fait une chose merveilleuse en reconnaissant que les cétacés ont le droit d'être libres sans restriction, de la captivité », a-t-il déclaré dans un communiqué.
« Nous espérons que d'autres municipalités suivront et donnent encore plus de droits et de protections pour les baleines et les dauphins.»
Les écologistes ont salué cette décision comme une étape importante pour les droits des mammifères marins.
« Cette résolution reflète une meilleure compréhension que ce que nous croyions sur les dauphins et les baleines ( qu'ils sont des automates inconscients) est en fait faux, et qu'ils méritent d'être libres », a affirmé Laura Bridgeman, spécialiste de l’International Marine Mammal Project.
« Nos lois devraient être de plus en plus informées de ces connaissances. Cette résolution est un pas dans la bonne direction ».
C’est peut-être la première du genre, mais la résolution de San Francisco n’est pas la première tentative pour préserver les cétacés de la captivité.
En Mars, un comité du Sénat de New York a approuvé un « Projet de loi Blackfish » interdisant tout futur parc de retenir des orques en captivité » dans l'état.
En Juin, le Congrès américain a adopté à l'unanimité une loi monumentale pour protéger les orques et autres mammifères marins captifs.
En Californie, un État qui détient actuellement dix orques en captivité à SeaWorld San Diego, un projet de loi a été présenté plus tôt cette année qui interdirait l'exposition en captivité des orques en Californie et pour en soustraire ceux qui sont actuellement maintenus en captivité, vers un enclos marin sur la côte .
Surnommée « Orca Welfare and Safety Act » [Loi sur la protection et la sécurité de l’orque] (AB 2140), le projet de loi est actuellement à l'étude pour examiner la faisabilité d’enclos marins pour les animaux potentiellement prêts à être mis à la retraite.
Une autre ville de Californie, Malibu, a également adopté une loi cette année proclamant que tous les cétacés qui passent par sa côte ont le droit à la vie.
La résolution récemment adoptée par San Francisco n’est pas exactement une interdiction, a dit au Dodo (NDLR /le site de publication de cet article) Bridgeman du Projet international des mammifères marins, à l’origine de la proposition de l’Orca Welfare and Safety Act.
« Alors que la résolution est non contraignante, elle est significative parce que jamais auparavant dans l'histoire la Californie des droits n’avaient été reconnus pour les cétacés», dit-elle.
Nous pensons que cela va augmenter les chances que le projet de loi Orca soit adopté, surtout si d'autres villes suivent le mouvement.
A chaque résolution adoptée, il devient de plus en plus difficile pour SeaWorld de revendiquer la captivité des cétacés.
Sam Berg, un ancien entraîneur de SeaWorld qui est apparu dans le documentaire « Blackfish », a déclaré au Dodo que la mesure pourrait conduire à « une interdiction totale des baleines et des dauphins en captivité aux Etats-Unis ».
« Je pense que ce développement récent envoie un message fort à l'Assemblée de Californie que les citoyens de la Californie se soucient des droits des baleines et des dauphins et que la loi sur la protection et la sécurité Orca devrait passer » a-t-elle ajouté.
Source
Traduction : Guillaume-Isabelle van der Wende & Max Berthy
Messieurs les dirigeants de Marineland… vous devriez méditer sérieusement la citation en tête de CE billet.

samedi 16 janvier 2016

Marineland, un archaïsme en cours d'effritement

« le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu’elles ne deviennent évidentes »
Michael E. Lewitt.

L'article de Nice-Matin du 15 janvier 2016 se terminait sur ce propos du Directeur Animalier de Marineland Jon Kershaw :
« Même si ce n'est pas lié se défend Jon Kershaw.
Exit le côté « bling bling » du bassin des orques.
Il devrait laisser-place à un programme plus « pédagogique ».
Davantage d'informations seront communiquées avec la nomination d'un nouveau directeur dans les prochains jours ».

Monsieur Kershaw et les intérêts qui l'emploient s'adressent exclusivement aux mentalités du XIXe siècle… or les gens de ce temps avaient pour eux l’excuse d'être peu ou mal informés des réalités complexes du monde.
Cette perception de notre monde est en pleine mutation, et après tout, il n'est pas si loin le temps où « Tintin au Congo » tirait sur tout ce qui bouge dans ses colonies africaines, sans que cela ne choque quiconque.


La seule motivation du Parc est de maintenir coûte un modèle économique qui a pour seule justification le profit et la croissance, si possible à deux chiffres.
Ces raisons strictement commerciales sont saupoudrées d'un vague argument sur la Préservation des Espèces qui ne résiste pas à un examen sérieux et dont l'alibi a pour fonction de faire passer la pilule au naïfs… qui le sont de moins en moins.

La « gestion de crise » n'est guère subtile, qu'il s'agisse de l'ancien Directeur Bernard Giampaolo (promu au loin à la suite du désastre naturel), et sa saillie sur la « casse animale » ou ici avec ce déni de réalité tristement pathétique.

La compréhension « pédagogique » des mammifères marins dans un univers carcéral dédié au spectacle est un non sens.
Prétendre ceci pour n'importe quel animal est d'ailleurs une absurdité et le progrès et les prouesses des reportages animaliers actuels (1) ne cessent de nous démontrer la complexité et la richesse des interactions de n'importe quel être vivant avec son milieu naturel, ou encore nous révèlent une « autre intelligence » qui nous échappe largement (et particulièrement pour les animaux vivant dans les océans).

Ainsi, l'exemple du prodigieux documentaire animalier « L'odyssée nocturne des éléphants », vient nous faire toucher du doigt la grossièreté et l'indigence des prétentions cyniques à l'éducation des masses du Marineland d'Antibes.
Ailleurs comme avec Kalaweit, des vocations individuelles formidablement déterminées nous aident à sortir de notre aveuglement « d'espèce élue »… par elle même pour s'autoriser l'asservissement, l'exploitation, la torture et la destruction de toutes les autres.
Marineland, comme les cirques « avec animaux » sont confrontés au défi de l'évolution des mentalités et ose pourtant tout exploiter des ficelles du marketing pour enrayer l'inévitable.



Un cirque « sans animaux » a pourtant montré le chemin avec une immense créativité structurée sur une véritable réflexion éthique qui est résumée dans ce credo :  
« Le Cirque du Soleil se distingue par le message de chacun de ses spectacles.
Ce n’est pas du divertissement; c’est un message au sujet de la vie et de ce qui la rendrait plus juste.
L’humanité, voilà le trait distinctif du Cirque du Soleil.»
Et le succès public est planétaire.


La « pédagogie » selon les tenanciers/hôteliers de Marineland rapportée à notre époque et à ses dérives auto-destructrices ne pourra être que de cette nature tragique…


… et de même que nous ici, nos descendants visionneront incrédules les shows blin-bling (… ou pas) des Parc Marins, d'êtres vivants et conscients d'eux-mêmes conditionnés à des pitreries contre-nature, symboles affligeants de la représentation primitive et insensible que nous nous faisions de notre relation à la nature et au « vivant ».

Ils regarderont nos derniers zoos marins comme nous regardons aujourd'hui la réalité des zoo humains légitimant le colonialisme comme l'esclavagisme et qu'ils visitaient en famille, laissant laver leur cerveau en toute bonne conscience.

Nous sommes l'espèce auto-proclamée dominante et notre capacité de nuisance sur les co-locataires de cette planète le confirme chaque jour un peu plus.

La Direction du Parc fait semblant de ne pas comprendre les signaux pourtant assourdissants.

Cette volonté soudaine de recalibrage du parc n'a rien de spontanée et n'est qu'une pâle tentative irréaliste de contre-feu à la gigantesque insurrection menée (en occident du moins) contre ce Business trivial par les réseaux sociaux, les sites internet, les blogs, les manifestations, etc.

Tout aménagement cosmétique est radicalement vain et hors-sujet… confronté à un mouvement mondial et irréversible d'éveil des consciences concernant les Parcs Marins qui a été initié par le film « Blackfish » et ne cesse de s'amplifier (Sur ARTE au printemps 2015).


Comme la cerise sur le gâteau, on n'oubliera pas d'ajouter bien sûr, à ces questions de fond de nos responsabilités de « dominants » sur la Condition Animale, la longue liste locale de casseroles juridiques diverses et variées pointées dans ce blog et que traîne spécifiquement ce parc des Alpes-Maritimes.


Mise à jour du 27 juin 2016



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Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
— Je suis un renard, dit le renard.
— Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
— Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
—
« Ah ! pardon », fit le petit prince.
Mais après réflexion, il ajouta :
« Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
— Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
— Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
— C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « Créer des liens… »
— Créer des liens ?
— Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
Saint Exupery