Ça n'est plus moi qui en parle, mais cette fois, c'est Cash Investigation… qui oublie pourtant d'évoquer le danger du Marineland pour le public au cœur du désastre à venir, un détail probablement. (Cliquer sur le tag "Inondations")
Surface totale des parkings (en «Zone Rouge» bien inondable) : 32 520 m2 « Au service de la préservation, de la biodiversité… et du chiffre d’affaire »
La surface de la fosse à orques (1520 m2)
•
Vérifiez par vous-même sur le site Geoportail de l'IGN
Je rends publique la lettre écrite et
envoyée aujourd'hui à M. le Préfet des Alpes Maritimes concernant les
risques d'inondations dans notre département. Il est urgent, après les
événements du département de l'Aude, de se pencher sur cette
problématique pour ne pas revivre les inondations d'octobre 2015.
Monsieur le Préfet,
La dernière catastrophe climatique qui a touché lourdement le
département de l’Aude a réveillé les peurs et les tristes souvenirs des
habitants de Biot, Antibes, Vallauris, Cannes et Mandelieu.
Aujourd’hui, les scientifiques expliquent que les données historiques qui prévalaient pour les crues centennales sont devenues obsolètes.
L’intensification des pluies accompagne le réchauffement climatique, en
cinquante ans les pluies intenses ont augmenté de 20% (plus de 200mm
d’eau en l’espace de 24 heures). Les causes sont aggravées par
l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols, sont principalement ciblés les grandes surfaces et leurs parkings particulièrement gourmands de surface au sol.
Les
élus de la Communauté d’Agglomération de Sophia-Antipolis (CASA)
semblent tenir compte de la situation puisqu’ils annoncent des
réductions des surfaces constructibles sur plusieurs projets, à savoir :
Les Clausonnes : 90 000 m² au lieu de 96 000m²
Le Fugueiret : 30 000m² au lieu de 150 000m²
Les Trois Moulins : 40 000m² au lieu de 150 000m²
Manque-t-il à ce point de centre commerciaux ou de bureaux dans les Alpes Maritimes ?
Nous
pouvons lister le doublement de Cap 3000, de Carrefour-Antibes, du
Polygone Riviera, de la zone IKEA, etc. Sur une zone de 5km², nous
dénombrons deux Leclerc, plusieurs Carrefour Market, Décathlon,
Castorama, Leroy Merlin, et, de plus, deux zones commerciales vont
ouvrir face à Darty et Renault. Plus de 30 000m² de bureaux ne sont pas loués car en friche à Sophia Antipolis et plusieurs chantiers abandonnés !
La prudence voudrait que soit instauré un moratoire
en attente de nouvelles enquêtes publiques et en particulier
hydraulique car ces projets sont dans le périmètre du bassin versant de
la Brague et de ses affluents. C’est là que la catastrophe du 3 Octobre
2015 a trouvé son origine. Ces projets continuent d’ignorer la
dangerosité des vallons enterrés sous ce béton.
La règle démocratique voudrait que les modifications importantes des projets obligent à reprendre les procédures obligatoires et la concertation publique. Je me permets de vous rappeler que les communes de Mougins et de Valbonne – Sophia Antipolis sont toujours dépourvues de Plan de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI) alors que c’est une obligation depuis 1987 !
Le principe de précaution doit primer sur la fameuse « culture du risque » dont on constate les résultats.
Comment accepter que ces monstres de béton sortent de terre alors qu’aucun moyen de transports collectifs efficaces ne soit réalisé ? Le président de la CASA, Jean LEONETTI, annonce le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) pour 2023.
Tous les secteurs des Hauts d’Antibes, de Sophia Antipolis, de Saint
Bernard et de l’autoroute sont bloqués des heures durant chaque jour. Ce
retard au sujet d’une vraie politique de transport en commun (services
et tarifs) est un handicap considérable au développement économique de
notre Ville mais aussi une cause terrible de l’émission de pollution. Le
rapport du GIEC, paru il y a quelques semaines, nous invite à plus d’attention écologique dans l’activité humaine.
Ce
ne sera pas une énième augmentation des taxes sur le carburant ou la
limitation à 90km/h entre Cagnes sur Mer et St Laurent du Var qui vont
répondre à l’urgence.
D’ailleurs,
au sujet de l’autoroute, ses responsabilités dans la catastrophe du 3
Octobre 2015 sont avérées, avec les buses sous dimensionnées pour
canaliser La Brague et l’imperméabilisation des sols de cet équipement,
en particulier l’échangeur d’Antibes construit sans bassin de rétention.
Qu’en est-il des décisions de travaux ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Préfet, mes sincères salutations.
Quelques recoupements : on peut lire ces lignes sur le Blog de Cécile Dumas, Conseillère Municipale à Antibes et Secrétaire Départementale du PCF06, et se trouvant dans le dernier compte-rendu du Conseil Municipal :
« La seule information importante à mes yeux est que la CASA devrait investir 10 Millions d’euros sur les travaux contre les inondations pour permettre de requalifier la zone de la Brague. »
Vous aurez remarqué le conditionnel utilisé…
Il confirme clairement que l’exploitation du Marineland continue alors le zoo se situe scandaleusement en plein cœur du secteur « qualifié »Zone Rouge.
Il y a fort à parier qu’il n’y a été réalisé aucune mise en conformité des installations et des dispositifs de secours et d’évacuation du public et de mise en sécurité des animaux en cas de ré-édition du dernier désastre.
Si la fréquentation du Parc se chiffre à… 850 000 visiteurs pendant la saison, soit environ 10 000 visiteurs par jour à en croire monsieur Picot le dirlo… essayez d’imaginer le tableau auprès duquel le naufrage du Titanic ne serait plus qu'une plaisante anecdote.
Un sujet tabou jamais soulevé par quiconque et de quoi embarrasser le Parc et les autorités dites RESPONSABLES bien plus efficacement que d’espérer les tenants de cette boutique prendre un jour en considération le sort des animaux qui remplissent si avantageusement les petites gamelles des dresseurs sans cervelle et les grosses gamelles des actionnaires qui n’en ont rien à foutre.
Pour creuser le sujet, c'est abordé ici,
(Voir index/libellé => « urbanisme », « inondations ».)
A méconnaîte l'histoire on prend le risque de la revivre. Incroyable récit ci-dessous, dont la remarquable rédaction nous plonge puissamment dans le contexte de l'époque. Nos
sociétés sont sans mémoire… d'ailleurs on dirait bien que celle du
drame d'octobre 2015 - qui lui aussi a tué du monde - s'estompe déjà.
Le train a plongé dans la Brague.
Le 24 janvier 1872, le pont, malmené par la crue, s'effondrait entraînant locomotive et wagons.
Traduction du texte de Charlotte Hawkins qui était rapidement sur les lieux
« …Ces torrents peuvent être terribles.
Prenez la Brague par exemple. Alors qu’elle coule calmement à travers
des rives fleuries, elle parait si passive et paresseuse que l’on peut à
peine imaginer la catastrophe de janvier 1872.
De très fortes
pluies sont tombées presque sans interruption durant seize jours et la
rivière en crue finit par former un lac de deux kilomètres de long en
amont du remblai de la voie ferrée au sud duquel par manque de chance
battaient de très forts rouleaux. Les vagues et les galets empêchaient
la rivière de s’écouler librement à son embouchure où par malheur près
de là se trouve le pont du chemin de fer. Il est supporté par une pile
autour de laquelle tourbillonnaient les flots en colère, et près de là
frappaient les vagues qui déferlaient. La ligne était en danger.
Le chef de gare d’Antibes télégraphia à Nice pour arrêter le train
rapide de 17 heures. Mais les coups de vent avaient abimé les
instruments et le message ne fut pas transmis. Suspectant quelque chose
d’anormal, il envoya ensuite un homme à cheval pour passer la Brague à
gué et pour avertir la gare suivante de Cagnes. Mais ni l’homme
ni le cheval ne pouvaient franchir un tel torrent. Il s’étendait si
largement, et il coulait avec une telle force. C’est pourquoi le
messager dut faire un détour si long par Biot qu’il arriva trop tard.
En même temps la nuit tombait. Depuis Antibes les employés pouvaient
voir les lumières du train qui avançait à toute vapeur dans la pluie et
la tempête. Soudain le phare disparut comme des étincelles dans
la nuit. La machine était tombée tête première à travers le pont avec
son pilier effondré. Deux voitures tombèrent par-dessus jusqu’à la
rupture d’un crochet d’attelage puis quelques voitures basculèrent sur
le côté du remblai et finalement dans un choc terrible le train
s‘arrêta. Combien de vies furent perdues cette nuit-là, cela reste un mystère.
Mais le spectacle, le jour suivant, était impressionnant.
Il y avait encore un lac en amont du remblai ; les rails étaient brisés et tordus.
Deux voitures avec leurs côtés défoncés et ce qui avait été dans la
mer, était maintenant sur la plage de galets et la locomotive, bien
enfoncée dans le sable se trouvait au pied de la fissure béante qui
permettait de voir où avait été le pont. De la pile, aucun vestige ne
restait et les flots tumultueux de la Brague tourbillonnaient autour des
épaves. Un bon morceau de ces épaves devait être allé dans la mer.
Cependant une Compagnie d’infanterie d’Antibes avait été mobilisée (ses
hommes étaient fermement attachés les uns aux autres avec des cordes) ;
ils cherchaient en tâtonnant dans le torrent qui atteignait leur
poitrine, pour trouver plus de corps et s’efforçaient de trouver des
survivants.
Tous ceux qui avaient de l’argent ou des amis
étaient déjà partis mais dans une auberge de quartier à environ huit
minutes de voiture, se trouvaient deux femmes isolées sans argent et un
homme si affreusement blessé que les chirurgiens furent obligés de le
trépaner sur place.
C’était un musicien et on m’a dit que
dernièrement il a recouvré la santé, mais ses cris soulevaient tellement
le cœur que j’ai suivi une des Dames Trinitaires jusqu’à la longue et
basse pièce sous la toiture en charpente où une soi-disant anglaise
reposait. Dans le premier lit près de la porte, il y avait une
jolie piémontaise d’environ treize ans dont les boucles brunes étaient
pleines de sable. Sa figure était enfiévrée et sa respiration difficile.
Elle avait une bonne congestion pulmonaire. Puis venait une étrangère
qui se trouvait ne pas être une anglaise mais seulement une pauvre
allemande exilée. Elle gémissait dans son délire suite à sa terrible
lutte dans l’eau.
J’ai détrompé Mère Urbain au sujet de sa nationalité mais nous nous sommes mises d’accord pour n’en rien dire.
Car c’était encore peu de temps après la guerre ; les paysans auraient
pu manifester de la mauvaise volonté et à Antibes dans le grand
hôpital qu’elle dirigeait, Mère Urbain avait beaucoup de soldats
blessés qui auraient regardé de travers une patiente allemande.
En ce qui concerne l’hôpital improvisé, je n’ai jamais vu de spectacle aussi triste.
La maison, pour commencer, était immonde au-delà de toute description
et l’escalier si sombre qu’il en était dangereux. L’endroit était
encombré de sacs de grains et de ballots de laine.
Ces derniers
appartenaient sans doute à des couchages qui avait déjà ou qui devraient
servir encore, et ils étaient naturellement pleins de mouches.
Un couple mal tenu et de mauvaise allure tenait cette auberge de misère,
et gagnait de l’argent en montrant aux visiteurs le bassin du
chirurgien et les autres restes abominables du déraillement.
Je
n’oublierai jamais mon dégout ni la colère de Mère Urbain quand elle
porta son attention sur une main humaine laissée dans un de ces paniers
utilisés pour mettre les citrons.
Je dus retourner à ce lugubre
endroit le jour suivant et bien d’autres jours encore, prenant mon tour
avec une Dame d’Honneur Russe pour rendre visite à la pauvre allemande
qui aussi longtemps que son délire et sa grande prostration durèrent,
pouvait seulement rester en relation par intermittence avec ceux qui
parlaient ou priaient avec elle dans leur propre langue.
Mais la
Mère Urbain, comme on peut le supposer, remit rapidement en ordre cette
déplorable chambre de malade et elle balaya aussi tous les restes du
déraillement pour en faire un bûcher religieux à Antibes. Je me
rappelle en outre que la petite piémontaise après avoir crié
pitoyablement Mamma Mamma pendant quelques jours fit une bonne
convalescence.
Quant à la pauvre allemande, elle souffrit longtemps et
péniblement, mais cela lui donna du temps pour un salutaire
rétablissement. La dernière fois que j’ai entendu parler d’elle après
qu’avec Olga S- je l’avais renvoyée chez elle près de Strasbourg, elle
était convenablement mariée et elle avait toutes les raisons de bénir le
bain soudain dans la Brague en crue.
La grande inondation du
canal de la Foux en octobre 1882 fut un autre spécimen de ce que les
ruisseaux peuvent faire. En l’espace d’une heure toute la partie basse
du Boulevard du Cannet fut inondée, beaucoup de propriétés détruites et
huit vies perdues. Le cortège funèbre de ces huit victimes qui furent
inhumées aux frais de la Commune, fut un très étrange et touchant
spectacle. Elles furent suivies jusqu’au cimetière sur la route
de Grasse par cinq mille cinq cents personnes affligées et inhumées dans
une grande fosse commune au milieu de beaucoup de sanglots et de
pleurs »
Ce mercredi 4 octobre, Nice-Matin titre en gras sur sa page 2 et 3 :
Inondations : deux ans après, rien n’est oublié.
La lecture des cinq pages du dossier paru dans le quotidien évoque le drame humain et les inondations catastrophiques qui ont dévasté avec une violence inouïe la plaine de la Brague, ravagé des vies et même tué le 3 octobre 2015.
Il ressort de ce dossier que rien n'a été réalisé de significatif pour éviter un prochain désastre, et si les gens ont peur, rien ne bouge…
Et si rien n'est oublié, si les camping ont été fermés… pas un mot, par la moindre évocation du bilan du Marineland d'Antibes qui se situe à quelques dizaines de mètres de ces même campings, précisément dans ce cul-de-sac final où se sont rués la boue, les débris, les troncs d'arbres, les carcasses de voitures, les cuves de gasoil éventrées et le cortège des effluents divers (1).
Là où tout se déversera encore.
Le Marineland est en plein cœur de la Zone à haut risque, son permis de construire est suspect (2), il en a été beaucoup question sur ce blog et rien n'est dit sur les éventuelles mesures de sécurité, les aménagements de secours du Parc Marin qui a été quasiment détruit ce soir-là en quelques minutes par la déferlante venue de l'intérieur, pendant la fermeture au public… par chance et par hasard.
Pas un mot sur la mort de la totalité des animaux de la petite ferme, la destruction des aquariums et de leurs locataires éparpillés dans la boue, pas un mot sur l'orque morte quelques jours plus tard, alors que la loi oblige pourtant à la possibilité de mise en sécurité des animaux captifs.
Ce soir-là, la vague les a engloutis, et tout le monde s'en fiche, à peine quelques lignes dans un bilan pour une perte d'exploitation à ajouter aux dégâts matériels.
Des «objets» sans importance, ni existence, totalement oubliés par Nice-Matin… il faut bien que les (grosses) affaires continuent.
Jusque-là tout va bien, jusque-là tout va bien, jusque-là tout…
Le temps des catastrophes
« Pour se représenter une situation inconnue l’imagination emprunte des éléments connus et à cause de cela ne se la représente pas.
Mais la sensibilité, même la plus physique, reçoit comme le sillon de la foudre la signature originale et longtemps indélébile de l’événement nouveau.»
On pourrait appeller ça l’emplâtre sur la jambe de bois… les prochains responsables/fusibles de la Méteo doivent avoir des sueurs froides à l’approche de la moindre perturbation atmosphérique.
Si on meurt en masse pendant les heures d’ouverture… ça sera de leur faute, hop-là !
En effet, le 3 octobre 2015, personne n'avait anticipé ni vu venir le déluge d'apocalypse de trois heures qui avait transformé en quelques instant les rivières et fleuves côtiers de La Brague, de La Valmasque, ainsi que leurs affluents en furies monstrueuses.
Même les sirènes d'alerte du village de Biot sont restées muettes de stupeur ce soir là.
Le raz de marée est venu de l’intérieur, se ruant vers la mer traîtreusement… par derrière, pourrait-on dire.
Débordant très largement de leurs lits de ruisseaux habituellement tranquilles, les masses d'eau charriant des débris de toutes sortes ont tout dévoré.
Le 4 octobre, François Hollande, en compagnie du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, rencontrera la population éprouvée et constatera l'ampleur des dégâts causés par les inondations à la maison de retraite de Biot puis à Antibes, Cannes et Mandelieu.
Le sens commun
« La morale de sens commun est aussi une morale des intentions qui évalue la valeur d’un acte à sa conformité à des normes, en faisant l’impasse sur l’évaluation des conséquences »(Jean-Pierre Dupuy / Pour un catastrophisme éclairé)
Sans être spécialiste, c’était écrit pourtant… il suffit d’ouvrir les yeux et d’observer des cartes par exemple pour éveiller un peu du sens commun qui sommeille en nous.
Douze mois plus tard, c’est donc la fuite en avant, la direction du parc « assume » et prend la « courageuse décision » d’évacuer à chaque Alerte Orange (comme si Marineland avait le choix de refuser les décisions du Préfet qui a le pouvoir de se substituer au Maire en cas de refus de prendre un Arrêté de Fermeture), le Maire d’Antibes s’insurge… et tout le monde croise les doigts en observant le ciel.
Les donneurs d’alertes
« La sérénité raisonnable et comptable des gestionnaires du risque participe à cette étonnante capacité de l’humanité à se résigner à l’intolérable. Elle est le symptôme le plus manifeste de cet irréalisme qui consiste à « traiter » les risques en les coupant du contexte général dans lequel ils se situent » (Jean-Pierre Dupuy / Pour un catastrophisme éclairé)
Un peu plus loin, on continue à bétonner joyeusement, sans tenir compte des conséquences et sourd aux protestations des donneurs d’alertes.
Cécile Dumas, Conseillère Municipale d’Antibes nous alertait
Extrait :
(…) Je remets donc le carton rouge de la semaine à tous les pouvoirs publics et en particulier à M. François-Xavier LAUCH du cabinet du Préfet actuellement qui n'ont jamais rien dit sur l'exploitation sauvage du foncier jusqu'au 3 octobre 2015.
Ce monsieur nous explique ce week-end qu'il n'est pas raisonnable de permettre l'ouverture des campings le long de la brague car en pleine saison, la préfecture ne serait pas en mesure d'assurer la sécurité des personnes.
Ok pour le pas raisonnable de mettre autant de personnes sur si peu de surface mais si ce n'est pas raisonnable maintenant, ce n'est pas raisonnable depuis au moins 30 ans.
Et dans le même cas est-ce bien raisonnable d'avoir construit l'autoroute sans bassin de rétention et avec de petites buses pour le passage de La Brague ?
Est-ce bien raisonnable de construire des milliers de m² de surface commerciale en amont de vallons dangereux et proche de la Valmasque ?
Est-ce bien raisonnable d'avoir autorisé Marineland et son hôtel à rouvrir ?
Est-ce bien raisonnable de ne pas étudier l'influence des constructions en amont de la Brague ?
Est-ce bien raisonnable d'envisager de nouveaux réseaux routiers vers l'entrée nord d'Antibes ?
Est-ce bien raisonnable de ne pas réfléchir à un grand plan de travaux pour éviter les risques d'inondations ?
Est-ce bien raisonnable de ne pas oser expliquer l'influence de Sophia-Antipolis sur les crues de La Brague et de ses affluents ?»
31 mai 2016
Gérard PIEL, président départemental du MNLE, dépose ce jour, mardi 31 mai, les observations et l'avis négatif du Mouvement National de Lutte pour l'Environnement;
Extrait :
(…) concernant l'enquête publique pour le projet de zone commerciale des Clausonnes.
Le MNLE constate que cette enquête publique concerne une zone qui se trouve au cœur du bassin versant de la Brague et de ses affluents dont la Valmasque, principale cause des inondations du 3 octobre 2015. Et cela alors que la commune de Valbonne ne dispose toujours pas du Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI)
- Le MNLE demande que tous les travaux, y compris associatifs, qui ont été réalisés après le 3 octobre 2015 soient pris en compte. On ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé.
- Il est indiqué dans le rapport que la zone ne risque pas d'inondation, bien évidemment, c'est la réalisation de 100 000m2 d'imperméabilisation des sols qui va aggraver le risque pour tout ce qui se trouve en aval.(…)
Le 16 juin 2016
le PCF et le Mouvement National de Lutte pour l'Environnement (MNLE 06) appelaient à un rassemblementsur le site de la zone des Clausonnes pour dire non au projet dangereux de zone commerciale ajoutant 100 000 m2 de béton et de surfaces imperméabilisées.
(…) Malgré cela et faisant fi des 4 200 signatures de la pétition s'opposant à ce projet dangereux et inutile mais aussi la quasi totalité des avis déposés en mairie, le commissaire enquêteur a donné un avis favorable à la SCI Brutus, bras armé de la Compagnie de Phalsbourg.
Le rapport ne prend pas en compte les risques d'inondations, il est vrai que celles-ci touchent Antibes et Biot ! Décidément, on fait peu de cas des centaines de personnes qui ont été sinistrées le 3 octobre 2015 (…)
(…) Ce projet (Ndlr : ZAC des Claussones) est dangereux car il ne prend pas en compte les risques d’inondations qu’il pourrait aggraver pour les riverains de la Brague et de la Valmasque, en aval des Clausonnes, Biot et Antibes.
Comment peut-on penser que l’imperméabilisation de 100 000 mètres carrés supplémentaires le long de la Valmasque n’aurait aucun impact ?
A ce sujet, le rapport d’enquête évoque « le fameux porté à connaissance » qui devrait répondre aux remarques du préfet en date du 22 avril 2016, aucune publication de ce document dans le rapport. Pourquoi ?
Existe-t-il ?
C’est la question que je pose (Ndlr : le MNLE 06) dans un courrier à monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes concernant ce projet et la prise en compte ou non de la catastrophe du 3 octobre 2015.
Par contre, le rapport prend acte de l’absence de PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondations) sur la commune de Valbonne.
Cela n’émeut pas le commissaire enquêteur qui fait un vœu que la CASA réalise ce PPRI en 2016, chiche ! Je rappelle que les PPRI ont été institués par une loi du 22 juillet 1987, près de trente ans ! (…)
Les animaux dans tout ça ?
Tous les animaux de la ferme et des aquariums ont péri, une orque est morte quelques jours plus tard, tous ont baigné dans la boue, les débris et les effluents de toutes sortes (voir le terrible bilan détaillé ICI)
La Directive européenne aurait-elle dû préciser qu’il fallait prévoir des mesures de sauvegarde quand les animaux vivent dans une zone à très haut risque ?
Pour la France, on retiendra l'Arrêté du 25 mars 2004 / Chapitre 4 / Article 30 (Page 4 de ce document)
Art. 30. - Les installations destinées à maintenir les animaux dans les lieux où ils sont hébergés, sont conçues de manière à préserver l'intégrité des animaux et à prévenir l'apparition d'accidents.(…) (…) Si des lieux où sont hébergés des animaux sont inondables, les établissements disposent d'autres lieux d'hébergement où les animaux pourront, le cas échéant, être acheminés.
Contexte géographique
Peu de gens « visualisent » le contexte géographique particulier du Marineland d’Antibes, et appréhendent encore moins cette convergence fatale des cours d’eau finissant dans la nasse de la Plaine de La Brague(dégradé bleu sur la carte).
La Brague est un des cours d’eau les plus sensibles aux intempéries.
Elle prend sa source à
Châteauneuf-de-Grasse.
Son embouchure est située à Antibes.
Elle a une
longueur de 21 km.
Elle draine 70 km2 de bassin versant sur 11 communes
par près de 100 km de vallons et ruisseaux.
La carte ci-dessous permettra au lecteur d’avoir une meilleure vue d’ensemble et de l’étendue des interactions en jeux… c'est un jeu de dominos.
Point 2 / l'hôtel LAGOON dont le premier parpaing fut posé par le Maire d’Antibes en personne
(voir le rapport du WDCS, page 27 concernant ce type de business).
Point 3 / Voie de chemin de fer clôturée… barrage physiquement infranchissable.
Point 4 / Unique passage entre la N7 et la route du Bord de Mer (D6098) sous le chemin de fer… infranchissable car inondé à la moindre averse d'importance.
Point 5 / Photo panneau « Maison et local invendables »
(à 180 mètres de l’entrée principale de Marineland).
(Photos MaxB)
Point 6 / Camping du Pylone :
Une personne est retrouvée décédée au Camping du Pylone
(fermé désormais sur ordre de la Préfecture). Ici donc on fermera définitivement… quand « ailleurs » on évacuera les nombreux spectateurs…
Monsieur Météo est donc prié de ne plus jamais commettre d’erreur fatale même si le bétonnage local dépasse ses compétences.
Point 7 / Rond point des Groules : Lieu habituel des manifestations des opposants aux parc… mais c’était avant l'interdiction de la Préfecture… pour cause de troubles (!?)
Point 10 / Zone Humide, (Parc forestier de Vaugrenier).
Point 11 / Biot, trois personnes âgées se noient au rez-de-chaussée d'une maison de retraite.
Point 12 / Plan St-Jean, quartier ravagé au pied de BIOT.
Point 13 / secteur du Golf totalement ravagé.
Point 14 / D704 passant sous l'autoroute, infranchissable le soir du 3 octobre.
Point 15 / Parc longeant La Bouillide, toujours aussi dévasté 12 mois plus tard.
(Photos MaxB)
Dans le parc des Bouillides, la Police Municipale soucieuse de faire respecter l'Arrêté pour Périls (ci-dessous)chasse systématiquement les jeunes jouant au basket ou soulevant des haltères. Ces espaces collectifs endommagés sont fermés depuis un an avec des grillages… de crainte que le public ne se torde une cheville (et surtout pour couvrir le Maire de Valbonne).
Au Marineland d'Antibes, le risque est sans doute moins grave… il ne s’agit que de noyades collectives potentielles.
(Photos MaxB)
Point 16 / Epave le long des berges de La Bouillide quelques jours après le 3 octobre
(Photos MaxB)
Point 17 / ZAC des Claussones en cours de construction. (Suivre les liens dans ce billet)
09/03/2017 - Mise à jour : Pétition contre la ZAC et «Open Sky»ICI
Point 18 / Zone d’extensions du Centre Commercial.